Imperial Tobacco veut ouvrir un dialogue amical avec Altadis

Le groupe britannique justifie l'intérêt stratégique d'un rapprochement des deux groupes. Selon certaines sources, il pourrait relever son offre sur le fabricant des Gauloises autour de 50 euros.

"Rapprocher la totalité des activités d'Imperial Tobacco et d'Altadis créerait un ensemble puissant", a plaidé le directeur général du groupe britannique, Gareth Davis, en dressant le point de l'activité semestrielle de son groupe ce mercredi après-midi. Une semaine après avoir approché le groupe franco-espagnol, qui a rejeté vendredi son offre "non sollicitée" à 45 euros en cash, le patron du numéro quatre mondial du tabac considère qu'un rapprochement avec le fabricant des Gauloises, Gitanes et autres Fortuna, serait "très complémentaire sur le plan stratégique."

Parlant pour la première fois publiquement sur le sujet, il s'est dit "impatient de prolonger le dialogue avec Altadis, dans le but d'obtenir la recommandation" de son conseil d'administration. Il a précisé qu'Imperial était intéressé par la totalité des activités d'Altadis, sixième fabricant mondial de cigarettes et leader des cigares grâce à ses 50% dans Corporacion Habanos, qui possède notamment les célèbres marques cubaines Montecristo, Cohiba et Romeo y Julieta, ainsi qu'une activité de distribution aux buralistes.

La fusion Imperial-Altadis "créerait des opportunités importantes pour les équipes de direction des deux groupes", a-t-il également fait valoir. Imperial sait que le management d'Altadis veut rester aux manettes et que son appui sera déterminant pour sécuriser la participation dans la co-entreprise cubaine. Le nouvel ensemble "améliorerait le portefeuille de marques et de produits des deux groupes et accroîtrait leur diversité géographique ainsi que leurs perspectives de croissance", selon le patron d'Imperial, qui a rappelé que les deux rivaux étaient déjà partenaires, en référence à leur alliance commerciale aux Pays-Bas, en Europe centrale et en Russie. Il s'est toutefois gardé d'évoquer la question du prix, jugé trop bas par Altadis, se contentant de mentionner que les 45 euros proposés représentaient 13,1 fois l'excédent brut d'exploitation dégagé par Altadis en 2006.

Le marché espère une surenchère prochaine d'Imperial. Le cours d'Altadis à Madrid gagne 0,72% mercredi après-midi à 47,34 euros, le valorisant plus de 12 milliards d'euros. Selon le journal espagnol ABC, Imperial pourrait proposer dès jeudi, voire vendredi, une offre améliorée "autour de 50 euros", soit 11% de mieux que celle du 14 mars.

Gareth Davis s'apprêterait à appeler dans les jours qui viennent les co-présidents d'Altadis, l'espagnol Antonio Vasquez et le français Jean-Dominique Comolli, afin de leur présenter cette nouvelle offre, jugée "assez raisonnable" par l'entourage du groupe britannique. Toutefois, Altadis estimerait sa valeur autour de 53 euros, soit 13,5 milliards d'euros, une valorisation que le principal des banquiers conseils d'Imperial, Citigroup, aurait lui-même suggérée...

Les analystes financiers suivant les deux groupes tablent sur un prix autour de 49-50 euros. Aux spéculateurs qui imaginent déjà le géant américain Altria, maison-mère de Philip Morris, partir à l'assaut d'Imperial, Gareth Davis a déclaré qu'une telle opération "ferait face à beaucoup d'obstacles réglementaires." L'action Imperial s'apprécie de 0,6% mercredi après-midi à la City, à 22,6 livres.

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