Croissance décevante de 0,3% en France au deuxième trimestre

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De même que le PIB allemand publié ce mardi matin, la croissance française du deuxième trimestre apparaît pour le moins décevante. Le produit intérieur brut de la France a progressé de 0,3% entre avril et juin : un résultat inférieur de moitié aux prévisions de l'Insee et à celles de la Banque de France. De leur côté, les 35 économistes du consensus compilé par l'agence Reuters tablaient sur une croissance de 0,5% Au premier trimestre, la croissance avait atteint 0,5%.Le déficit commercial s'est dégradé durant cette période en raison de la hausse des importations, qui ont bondi de 2,1% après 0,7% durant les trois premiers mois de l'année, tandis que les exportations ont crû au même rythme qu'au premier trimestre, de 1,1%... alors que la croissance mondiale devrait dépasser 5% cette année. La consommation des ménages a gagné 0,6% tandis que l'investissement a stagné après un bond de 1,4% au premier trimestre. "Pas de facteur correctif ou technique à ce ralentissement", conclut Nicolas Bouzou, économiste chez Asterès. Au contraire, les stocks se sont accrus au deuxième trimestre, apportant 0,1 point de croissance. "Sans ce soutien, le PIB n'aurait augmenté que de 0,2%, soit 0,8% en rythme annualisé!", poursuit-il.L'acquis de croissance à la fin du deuxième trimestre, c'est-à-dire le niveau de croissance que l'économie française est assurée d'atteindre en 2007 si la croissance des deux derniers trimestres est au moins égale à zéro, s'établit à 1,3%, précise l'Insee.Ce niveau de croissance, beaucoup plus faible qu'espéré, compromet l'objectif du gouvernement d'une croissance comprise entre 2,25 et 2,5% sur l'ensemble de l'année 2007. Mais ces chiffres n'ont pourtant pas suscité d'inquiétude apparente dans le gouvernement. La faible croissance de l'économie française au deuxième trimestre ne devrait pas peser sur le déficit budgétaire en 2007 et ne "remet pas en cause" l'hypothèse de croissance qui sera inscrite dans le budget 2008, a assuré ce mardi le ministre du Budget et des Comptes publics Eric Woerth.L'Insee tablait de son côté fin juin sur une croissance annuelle de 2,1%, quasi-équivalente à celle enregistrée en 2006, de 2,2%. "Et ce sera pareil en 2008 sauf si des mesures efficaces sont prises pour redynamiser le coeur de notre système productif et de notre compétitivité", estime Nicolas Bouzou, qui suggère de remettre la TVA sociale sur le devant de la scène.Par ailleurs, les prix à la consommation en France ont baissé de 0,2% en juillet par rapport à juin, soit une progression de 1,1% sur les 12 derniers mois. Hors tabac, les prix ont reculé de 0,3% sur un mois et augmentent de 1,1% sur un an. En données corrigées des variations saisonnières, les prix augmentent de 0,1% sur un mois et de 1,1% sur un an, précise l'Insee."Conséquence de ce cocktail de croissance faible en Allemagne et en France et d'inflation imperceptible, l'euro a reculé ce matin face au dollar, la probabilité d'une hausse des taux le 6 septembre s'étant amenuisée", indique Stuart Bennett, économiste chez Calyon. Reste à savoir si Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne (BCE), pourrait revenir sur sa décision après avoir quasiment déjà annoncé un nouveau tour de vis en septembre, en indiquant lors de sa dernière intervention qu'il fallait être "très vigilant" à l'égard de l'inflation.

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