Les petits maîtres de Barbizon

En 1835, les oeuvres du peintre Théodore Rousseau sont refusées au salon officiel. Vexé, l'artiste se réfugie dans le charmant village de Barbizon à la lisière de la forêt de Fontainebleau, rejoint par quelques confrères ne voulant plus de l'académisme romantique ambiant. Révolution pour l'époque, ils installent leurs chevalets dans les clairières, les champs, les fermes, afin de rendre la nature elle-même comme sujet principal de leurs peintures, car jusque là, les artistes se contentaient d'aller sur place esquisser quelques croquis avant de réaliser leur tableau en atelier, mettant en scène le plus souvent des épopées mythologiques ou des représentations épiques. Sous l'appellation "Ecole de Barbizon" (de 1835 à 1870 environ) est désigné un courant pictural célébrant le paysage rural, souvent sans personnages, d'une tonalité sombre mettant en avant la vie quotidienne. En figures de proue, huit peintres: Jean François Millet, Jean Baptiste Camille Corot, Charles François Daubigny, Charles Jacques, Constant Troyon, Narcisse Diaz de la Pena, Jules Dupré et Théodore Rousseau dont les cotes sont aujourd'hui très élevées. Mais plusieurs centaines d'autres peintres ont suivi le mouvement, avec plus ou moins de talent. Certains, peu connus, demeurent (encore) accessibles, même si ce style de peinture attire davantage les acheteurs anglo-saxons (surtout pour les grands formats) ou japonais (pour les paysages) qui ont tendance à faire monter les prix. SAVOIROutre la renommée du peintre, le sujet et son traitement sont les deux principaux critères de sélection du marché. Une "bonne" toile de Barbizon se reconnaît à une exactitude quasi-scientifique du sujet, à une représentation d'un arbre, d'une maison, d'un champ au premier plan, à un paysage vivant avec en arrière-plan une vache ou un fermier (sauf chez Millet, où c'est l'homme qui passe avant la nature) et une utilisation soutenue de teintes sombres afin de mieux mettre en valeur les effets du clair-obscur, par exemple d'un sous-bois. ACHETEROn trouve assez souvent des toiles de Barbizon en salles des ventes, soit éparses dans une vacation provinciale, soit au milieu de séances de peinture du XIXème à Drouot, soit dans une de ces ventes biannuelles dédiées à Fontainebleau (Osenat) ou dans la salle des fêtes de Barbizon (Perron de Melun). Si les grandes signatures atteignent des prix dépassant les 100.000 euros, on trouve de nombreuses toiles, souvent de petit format, entre 5 et 12.000 euros. Ainsi, parmi les "petits maîtres de Barbizon", on peut citer les signatures de Karl Daubigny, fils de Charles François, Trouillebert, Ceramano, Ziem, Lavieille, Veyrassat, Harpignies et encore moins recherchés (à partir de 1.500 euros), Defaux, Dupré, Richet, Le Penne, Guigou, Delpy ou Flers.Un dernier point: beaucoup de ces oeuvres manquent d'éclat. Ceci est dû à l'usage d'un verni oxydé et jauni, que l'on peut facilement corriger moyennant une restauration chez un spécialiste (300 euros), une opération à renouveler à chaque génération.

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