Doctorants : quels outils pour s'orienter vers les entreprises ?

 |  | 500 mots
Doctorant-conseil, Nouveau chapitre de la thèse, plusieurs mesures et un forum écoles doctorales-entreprises ont été l'occasion de revenir sur les dispositifs visant une meilleure insertion des docteurs dans l'entreprise, dans la lignée du CIFRE, dont la réputation n'est plus à faire.

Les entreprises auraient-elles fini de bouder les docteurs, fleuron bac+8 des universités ? "Si les mentalités changent, les chiffres restent insatisfaisants", conçoit Véronique Morali, présidente de la commission dialogue économique du Medef et organisatrice, avec l'association Bernard Grégory (ABG) du premier forum écoles doctorale-entreprises, qui s'est déroulé le 26 novembre à Paris. Les docteurs ne représentent que 15 % des chercheurs dans les entreprises françaises, focalisées sur les diplômés des grandes écoles d'ingénieurs ! Et, face aux besoins accrus de débouchés, la recherche publique n'accueillant que la moitié des diplômés, la formation doctorale s'adapte, petit à petit, afin de favoriser cette orientation.

La valeur sûre : les CIFRE. Les Conventions industrielles de formation par la recherche (CIFRE) sont un véritable sésame pour les doctorants souhaitant intégrer le monde de l'entreprise. Quelques 95 % des docteurs passés par cette voie trouvent un emploi immédiatement après leur thèse. Le principe ? L'entreprise adopte pour trois ans - en CDD ou en CDI - un cadre-doctorant qui réalisera pour elle un projet de recherche sur mesure, objet de sa thèse. Le salaire minimal de ce dernier se monte à 23 484 euros brut annuel, tandis que l'entreprise perçoit 17 000 euros de subvention forfaire par an. Seul hic, l'insuffisance du nombre de CIFRE, 1200 aujourd'hui, alors que 10 000 nouveaux doctorants sont comptabilisés chaque année...

La nouveauté : le doctorant-conseil. Réaliser un certain nombre de missions en entreprises, à raison de 32 jours par an... pour 4 020 euros brut ? A bac+8, la rémunération ne fait rêver que les recruteurs. Mais l'intérêt n'est pas là, pour les doctorants-conseils, sorte de "consultants de l'innovation" en cours de thèse. Le dispositif vise à pallier le principal frein à l'embauche des docteurs dans le privé, soit la mauvaise identification réciproque des compétences pouvant être appliquées à l'entreprise. Dans cet esprit, d'ailleurs, l'objet d'une mission n'aura pas nécessairement de lien direct avec le sujet de recherche du doctorant. 500 doctorants-conseils ont été recrutés cette année, dans le cadre d'une expérimentation appelée à s'étendre en 2008.

La petite dernière : le Nouveau chapitre de la thèse. Ce document d'une dizaine de pages permet au doctorant de réfléchir à l'intérêt de sa formation dans un cadre industriel, avec l'aide d'un "mentor", consultant en ressources humaines ou spécialiste du recrutement. Mais là encore, la bonne idée ne déplace pas les foules, les doctorants étant peu nombreux à s'engager dans le dispositif...

Une formation plus "professionnelle". La formation doctorale est une véritable "expérience professionnelle de recherche", stipule l'arrêté d'août 2006. Message aux entreprises : les jeunes docteurs sont directement opérationnels. Ce qui n'empêche pas les écoles doctorales de chercher à profiler leurs poulains pour le monde industriel, par exemple en étant de plus en plus nombreuses à délivrer des modules d'enseignement spécifiques (propriété intellectuelle, aspect juridique / contractualisation, gestion de projet dans un cadre industriel...).

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :