François Hollande dénonce les "subterfuges" et "dissimulations" du gouvernement sur la situation économique

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Le premier secrétaire du Parti socialiste demande à François Fillon, qui doit s'exprimer ce dimanche soir, "de dire maintenant la vérité aux Français". Par ailleurs, il estime que les conditions sur la question du passage à 41 ans de cotisations pour les retraites ne sont pas remplies.

Après les mauvaises nouvelles venues cette semaine du ralentissement de la croissance et du dérapage des déficits publics, le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a appellé ce dimanche François Fillon "à dire maintenant la vérité aux Français". Le Premier ministre doit en effet s'exprimer ce soir lors d'une intervention télévisée.

Pour François Hollande, le chef du gouvernement doit expliquer "non plus la réalité des chiffres, nous les connaissons", mais les "conséquences de cette situation" pour les Européens et les Français. Il faut cesser les "subterfuges" et les "dissimulations" sur les conséquences de la baisse de la croissance et du dérapage des déficits publics, estime ainsi le responsable socialiste.

Pour François Hollande, si le Premier ministre maintient son objectif d'équilibrer les finances publiques en 2012, alors que le déficit est en train de dériver autour de 3% en 2008, "ça veut dire qu'il faudrait avoir un plan de rigueur de 15 milliards d'euros par an." "Ou il confirme l'objectif de l'équilibre des finances publiques en 2012, et alors il y aura des mesures d'ajustement, ce que nous appelons un plan de rigueur. Ou il ne le confirme pas et il sera condamné par les autorités européennes", a-t-il estimé.

Parmi les subterfuges, François Hollande relève également que le Premier ministre a exclu une augmentation des prélèvements obligatoires liée au déficit de la sécurité sociale, alors "que la loi lui en fait obligation". "Ou le Premier ministre ne peut pas appliquer la loi qu'il a lui-même fait voter en 2004, et ce serait grave, ou, et c'est peut-être encore plus grave, il va y avoir un transfert de la dette de la sécurité sociale vers la dette de l'Etat."

François Hollande estime de fait que le gouvernement va inévitablement engager un plan de réduction de la dépense publique, augmenter les prélèvements obligatoires sur la sécurité sociale et "laisser filer la dette."

Par ailleurs, le premier secrétaire du PS est revenu sur les discussions en cours entre le gouvernement et les syndicats sur la réforme des retraites. Il juge ainsi que la question centrale du passage à 41 annuités pour toucher une retraite à taux plein n'est pas possible tant que "des préalables ne sont pas posés et réglés".

Tout en regrettant que la décision soit "acquise à bien des égards", côté gouvernement, François Hollance rappele que la loi de 2004 prévoit ce passage aux 41 ans de cotisations en 2012 "sauf si les conditions ne le permettent pas". Or, comme les syndicats, il souligne que trois conditions (augmentation du taux d'activité des seniors, négociation sur la pénibilité, nouveaux modes de financement des retraites) ne sont pas remplies.

De fait, alors que le Premier ministre François Fillon n'exclut pas de passer par la voie réglementaire, le député de la Corrèze juge "préférable qu'il y ait un grand débat au Parlement dès lors que les conditions ne sont pas réunies pour ce passage aux 41 annuités".

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