PS : le bal des prétendants repart de plus belle

Dans la perspective de la succession de François Hollande à la tête du PS et de la présidentielle de 2012, Ségolène Royal, Pierre Delanoë, DSK, Laurent Fabius, mais aussi Manuel Valls, Julien Dray, Martine Aubry et Pierre Moscovici, dévoilent tour à tour leurs ambitions.

Ségolène Royal a défendu ce lundi sa candidature à la tête du PS. "Je l'ai fait par transparence, par sincérité, par clarté, par cohérence", a dit la présidente de Poitou-Charentes en évoquant sa décision, annoncée vendredi dernier. "Je pense qu'aujourd'hui le monde a changé et que le Parti socialiste doit changer, que les socialistes doivent changer pour répondre aux nouveaux défis du temps présent", a-t-elle ajouté sur RTL.

Cette annonce a été plutôt mal accueillie par certains dirigeants du PS, qui ont dénoncé le "combats des chefs" au détriment d'un véritable débat sur le fond avant le congrès de novembre prochain à Reims. Le député PS de Paris Jean-Christophe Cambadélis, proche de Dominique Strauss-Kahn, a ainsi affirmé samedi que "le PS se transforme en véritable pétaudière".

"Rien n'est respecté au sein du PS, ni le calendrier, ni les militants, ni aucune des décisions qui sont prises", a-t-il déclaré sur France Info, rappelant que la date pour le dépôt des contributions a été fixée au 1er juillet. "Tout se résume à une bataille des ego", a ajouté Jean-Christophe Cambadélis.

Par ailleurs, l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle a jugé que le texte publié récemment par Bertrand Delanoë dans lequel le maire de Paris, son rival potentiel, développe sa philosophie politique, relevait d'"une certaine conception de la politique". Elle a insisté sur le fait que ce texte avait également été signé par l'ancien Premier ministre Lionel Jospin. "C'est important que cela soit dit, parce que c'est une certaine identité politique qu'on retrouve d'ailleurs dans ce texte".

Elle a noté les "différences" existantes avec ses positions, notamment sur la démocratie participative, critiquée par Bertrand Delanoë. Le maire de Paris devrait dévoiler ses ambitions au sein du PS très prochainement. Mais il n'est pas le seul à se manifester.

Les amis de Dominique Strauss-Kahn (DSK), réunis dimanche à Paris, ont décidé de préparer un texte, ou "contribution", en vue du congrès de novembre du PS, sous la houlette du député Pierre Moscovici, et proposent à Arnaud Montebourg et Martine Aubry de s'y associer. Cette réunion intervenait au lendemain d'un déjeuner où le directeur général du FMI s'était déclaré "assez déterminé" sur une possible candidature à l'Elysée en 2012. Pierre Moscovici est, dans cette optique, candidat au poste de Premier secrétaire pour remplacer François Hollande.

Ancien bras droit de Ségolène Royal, Julien Dray, député PS de l'Essonne et candidat au poste de Premier secrétaire du PS, s'est lui aussi montré critique vis-à-vis de la candidate. Invité dimanche du grand jury RTL-Le Figaro-LCI, il a utilisé une métaphore patissière: "quand un pâtissier essaie de monter une pièce montée (...) pour une communion, un mariage, il y a la petite figurine au-dessus, elle est importante. Est-ce que le pâtissier commence à faire la figurine d'abord ? Non, en général, il commence à construire la pyramide. Il associe les choses". "Ce qui est valable en pâtisserie est un peu valable en politique", a-t-il jugé dans une allusion directe à la présidente de Poitou-Charentes.

De son côté, Martine Aubry, maire de Lille et présidente de la communauté urbaine, a affirmé qu'elle présenterait "pour la fin juin" "un texte" en vue du prochain congrès du PS, "qui dira clairement quelle société nous pouvons construire en France". Elle a refusé de dire si elle était candidate au poste de Premier secrétaire du PS, martelant: "ce qui m'intéresse, c'est que nous soyons capables de dire aux Français, nous, collectivement la gauche, il y a une autre façon de vivre dans notre pays que d'exclure la moitié des gens, y compris les classes moyennes".

Dans le paysage socialiste actuel très mouvant, Martine Aubry est donnée comme roulant pour Laurent Fabius. Sa motivation semble surtout être le "tout sauf Ségolène" qui commence à renaître au sein du PS.

Enfin, Manuel Valls, député-maire PS d'Evry, n'a pas exclu ces derniers jours de briguer la candidature de son parti pour la présidentielle, à condition que le PS "se refonde", thème d'un livre qu'il vient de publier. Pour lui, Ségolène Royal "a été la candidate mal préparée d'un parti qui n'avait pas fait sa mue idéologique". "Je soutiens sa volonté d'opérer une synthèse entre la gauche et le libéralisme" et "je crois en sa force de caractère", ajoute-t-il. "Mais, spontanément, je pense qu'une nouvelle donne idéologique implique aussi de nouveaux leaders et une nouvelle génération".

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