Assemblée générale de tous les dangers pour TUI
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Il s'agit ce mercredi de l'assemblée générale allemande la plus passionnante de l'année. Personne ne sait quelle va en être l'issue. Le premier actionnaire du leader européen du tourisme, le norvégien John Fredriksen, qui détient plus de 12% du capital, veut faire sauter le président du conseil de surveillance, Jürgen Krumnow, pour ensuite obtenir le départ du président du directoire, Michael Frenzel.
Celui-ci, pour sauver sa peau, a abandonné son projet de fusion d'Hapag Lloyd dans sa maison-mère TUI, prémisse à un mariage avec un autre groupe du secteur et notamment le singapourien NOL. Désormais, il préconise la cession de sa filiale de transport maritime pour reconcentrer le groupe sur le tourisme. Un revirement qui doit lui permettre de compter sur les voix de tous ses alliés dans le tourisme.
Le milliardaire russe Alexeï Mordachov est monté récemment à quelque 10% du capital après qu'il lui ait promis de se lancer ensemble sur le marché russe. La famille hôtelière espagnole Riu détient 5,1% du capital, la Caja de Ahorros de Mediterraneo et la Caisse de Dépôt de Gestion Marocaine possèdent chacune de leur côté 5%, et l'hotelier égyptien Hamed El Chiaty 3%.
Cela suffira t-il? Personne n'était capable de faire un pronostic viable ce mercredi matin. Du jamais vu lors d'une assemblée générale en Allemagne. L'armateur norvégien, qui n'est pas présent aujourd'hui pour des raisons de santé, reste persuadé qu'il peut obtenir la majorité. Tout dépendra du capital finalement représenté et du comportement des petits actionnaires. Une chose est sûre: la participation des actionnaires est très élevée. Elle s'élève à 71,49%, contre 47% l'an dernier. Ce qui pourrait laisser penser que John Fredriksen aura du mal à faire passer sa résolution.
L'assemblée risque en tout cas d'être longue et agitée. Guy Wyser-Pratt, qui réclame aussi haut et fort depuis des mois le départ de Michael Frenzel, a fait le déplacement. Par le passé, il a déjà obtenu gain de cause, comme chez IWKA en 2005 où il a imposé une nouvelle direction et un changement de stratégie.
Le patron de TUI pour sa défense présente de bons résultats pour le premier trimestre. La perte d'exploitation, qui s'explique par des raisons saisonnières, a été réduite à 196 millions d'euros contre 248 millions d'euros un an. Le chiffre d'affaires consolidé a grimpé de 24% à 5,1 milliards d'euros, un bond dû en grande partie à la consolidation des activités touristiques du britannique First Choice.
3,6 milliards sont imputables à la filiale TUI Travel qui termine sur une perte d'exploitation de 227 millions d'euros, stable sur un an. Le transport maritime a augmenté son chiffre d'affaires de 2,4% et a dégagé un bénéfice d'exploitation de 24 millions d'euros, contre une perte un an plus tôt.
En dépit du ralentissement de la conjoncture internationale, les réservations sont "fortes" et les activités touristiques devraient afficher sur l'année une "hausse conséquente des résultats" a indiqué le groupe.
Quant à Hapag-Lloyd, qui doit être cédé, la filiale devrait "augmenter nettement ses revenus", malgré un environnement qui se dégrade, a reconnu Michael Frenzel selon le texte d'un discours communiqué à l'avance. Autant dire qu'il veut s'en débarrasser à temps.
Le patron de TUI a par ailleurs assuré que les discussions, qui traînent en longueur, sur la création d'une compagnie aérienne commune avec Lufthansa devraient être bouclées "dans les prochaines semaines."
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