Le Premier ministre indien lance une offensive de charme envers la Chine

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Manmohan Singh achève bientôt une visite officielle en Chine qui s'est soldée pour l'instant par la signature de quelques protocoles d'accords de coopération. Dans le domaine nucléaire, le Premier ministre indien a proposé à Pékin de prendre sa place dans la coopération internationale qu'il met en place.

A l'occasion de trois jours de visite en Chine, le Premier ministre indien Manmohan Singh a proposé à Pékin de coopérer dans le domaine de l'énergie nucléaire. Son offre intervient alors que New Delhi cherche à conclure avec Washington un accord sur le nucléaire civil, auquel les communistes indiens sont farouchement opposés. La Chine, pour sa part, ne voit pas d'un très bon oeil le rapprochement entre l'Inde et les Etats-Unis.

"L'Inde recherche une coopération internationale dans le domaine de l'énergie nucléaire civile, notamment avec la Chine", a dit le Premier ministre indien dans un discours. Il devait rencontrer aujourd'hui le président Hu Jintao et signer une série de protocoles d'accord sur des sujets aussi variés que la coopération ferroviaire, la planification économique ou la lutte contre la pauvreté en milieu urbain.

Les économies indienne et chinoise connaissent toutes deux une très forte croissance économique et leurs besoins en énergie augmentent année après année. Les deux pays se sont lancés dans des politiques de diversification énergétiques qui peut les amener à coopérer comme à s'opposer. D'autant que Delhi et Pékin se sont longtemps observés avec méfiance. Leurs problèmes frontaliers, qui a provoqué un conflit en 1962, a rendu leur voisinage difficile et la visite de Manmohan Singh doit permettre de finir d'aplanir certains différends dans ce domaine.

Aujourd'hui les échanges commerciaux sino-indiens sont sortis de leur longue léthargie pour représenter entre 20 et 37 milliards de dollars selon les sources, soit un doublement en deux ans et demi. Un nouveau doublement est envisagé par les deux gouvernements à l'horizon 2010. Mais, pour l'heure, la hausse de la roupie indienne (13% depuis l'an passé) inquiète les exportateurs indiens qui ont réclamé par la voix de leur Premier ministre un marché chinois plus largement ouvert.

Abordant aussi la question de la sécurité, Manmohan Singh a également souligné que l'Inde ne cherchait nullement à contenir la Chine, ajoutant que la paix et la stabilité étaient dans l'intérêt commun des deux pays. La Chine et l'Inde, a-t-il dit, devraient être au centre du nouvel ordre mondial qui se dessine au XXIe siècle, un "tournant passionnant de l'histoire".

"Alors que l'économie mondiale a largement été le fait des nations occidentales au XXe siècle, elle pourrait être largement celui de l'Asie au XXIe siècle", a-t-il poursuivi. Il y a assez de place pour la montée en puissance de la Chine comme de l'Inde, deux pays qui abritent à eux seuls le cinquième de la population mondiale, a estimé le Premier ministre indien.

"La première tâche de notre politique étrangère est de créer un environnement extérieur favorable à notre développement rapide", a-t-il expliqué devant l'Académie des sciences sociales. "Notre politique cherche à élargir nos choix de développement et à nous donner une autonomie stratégique dans le monde."

Pékin s'est inquiété du rapprochement de New Delhi avec les Etats-Unis. La marine indienne a participé l'an dernier à des manoeuvres avec les Américains, les Australiens, les Japonais et Singapour, ce que certains commentateurs ont interprété comme une esquisse d'alliance de démocraties contre la puissance militaire chinoise. Mais Singh a souligné "l'indépendance" de la politique étrangère de l'Inde qui lui "permet d'entretenir une coopération mutuellement bénéfique avec toutes les grandes puissances". "Il y a assez de place à la fois pour l'Inde et la Chine pour croître et prospérer tout en renforçant leur coopération", a-t-il dit.

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