Un mélo allemand séduit la Berlinale

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Sortez vos mouchoirs! Oubliés le déluge des décibels des Rolling Stones en ouverture, la Berlinale a chaviré lundi pour un film allemand très mélancolique, "Kirschblüten - Hanami", lequel développe la question de la perte de l'être cher. Un bon candidat pour un "Ours" d'un métal précieux.

Un film d'amour a donné un accent très mélancolique à une Berlinale marquée jusque là par une série de films d'une rude violence. "Kirschblüten - Hanami" (Cerisiers en fleurs) de Doris Dörrie, a été applaudi lundi pour sa première devant la presse, ce film étant la première des deux oeuvres allemandes en compétition à Berlin. Il y est question de la façon d'aborder la perte de l'être aimé.

Au sein d'un couple vivant paisiblement dans l'Allgaü bavarois,Trudi, incarnée par Hannelore Elsner, sait que son mari, Rudi (Elmar Weppler ), qui vient de prendre sa retraite, est condamné à terme par un cancer. Elle lui propose de vivre encore des moments heureux et de partir en voyage.

Trudi ressent un tel chagrin à l'idée de la mort à venir de son mari que c'est elle qui s'éteint la première par surprise. Rudi, complètement désemparé, part alors rejoindre son fils installé au Japon. Ce faisant, il réalise un rêve que son épouse n'avait jamais pu réaliser qui était celui de visiter un pays qu'elle vénérait depuis le mont Fuji jusqu'aux danseurs de Buto.

Dans son travail de deuil, Rudi va prendre conscience de la valeur de son épouse qu'il avait de son vivant quelque peu négligée. Au cours de ce voyage chargé de mélancolie, en revêtant parfois un côté fétichiste (en visitant le pays, il porte sous son manteau des habits choisis de sa femme), va se révéler une autre personnalité que celle d'un ancien fonctionnaire rétif à tout changement. La maladie prenant le dessus, son voyage n'aura pas de retour.

A propos de la métaphore dans le titre de son film "Hanami" - en Japonais la fête des cerisiers en fleurs -, la réalisatrice Doris Dörrie a expliqué: "Les cerisiers ne fleurissent pas longtemps, un peu comme nous. Mais si nous manquons seulement de fleurir un court moment, alors nous n'aurons pas eu de chance".

Si le film met du temps à démarrer, il se révèle dans la seconde partie principalement tournée au Japon, tout en nous berçant d'une musique évoquant Erik Satie. La force de ce long-métrage tient surtout à la remarquable interprétation des acteurs. Gageons qu'il gagnera les faveurs d'un public plus large que celui du troisième âge!

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