Ambac accuse une perte de 3,3 milliards de dollars au quatrième trimestre et cherche des "partenaires potentiels"

La débâcle des rehausseurs de crédit expose les banques à une nouvelle vague de défiance.

Le rehausseur de crédit Ambac Financial a fait état ce mardi d'une perte de 3,255 milliards de dollars au quatrième trimestre (soit 31,85 dollars par action), en raison de pertes sur les dérivés de crédit totalisant 5,2 milliards de dollars. Il a annoncé qu'il explorait "des alternatives stratégiques" avec des "partenaires potentiels".

"Nous étudions l'attractivité de ces alternatives, en cherchant des opportunités qui seront créatrices de valeur pour nos actionnaires et qui nous permettront de construire en nous appuyant sur les forces d'Ambac", a indiqué le nouveau PDG, Michael Callen, dans un communiqué. "Nous considérons les perceptions actuelles de l'activité d'Ambac, à la fois par le marché et par les agences de notation, comme sous-estimant les forces d'Ambac et son potentiel futur", a-t-il ajouté.

Les problèmes s'accumulent pour Ambac - il y a un an, il dégageait un bénéfice de 202,7 millions de dollars - comme pour l'ensemble des rehausseurs de crédit. Peu connues du grand public, ces institutions financières garantissaient à l'origine les obligations émises par les collectivités locales américaines. Mais depuis le début des années 2000, elles se sont massivement servi de leur notes pour garantir toutes sortes de produits structurés, permettant aux banques de n'immobiliser dans leur bilan qu'un montant minimal de capital pour ces titres.

Avec la crise des marchés du crédit, c'est l'ensemble du système qui menace de s'effondrer. Dans l'incapacité de faire face à la dépréciation des actifs auxquels ils ont apporté leur caution, les géants du rehaussement de crédit - MBIA et Ambac en tête - sont en effet sur le point de perdre leur précieux "triple A".

Dans le cas d'Ambac, une première sanction est déjà tombée puisque l'agence de notation Fitch a dégradé sa note de deux crans, de AAA à AA vendredi dernier. En cause : la décision d'Ambac de renoncer à lever 1 milliard de dollars pour rétablir le niveau de ses fonds propres face à 3,5 milliards de dollars de dépréciations d'actifs. Une opération qui paraissait des plus hasardeuses compte tenu des conditions de marché.

La piètre situation des sept rehausseurs de crédits menaçant toute la sphère financière, certains n'hésitent déjà plus à parler de risque systémique. Selon les estimations de Bloomberg, les rehausseurs de crédit assurent grâce à leur triple A quelque 2.400 milliards de dollars de dette et la perte de cette note pourrait coûter jusqu'à 200 milliards de dollars aux emprunteurs et aux investisseurs. Standard & Poor's estime pour sa part que les pertes des rehausseurs de crédit pourraient être 20 % supérieures à ce qui avait été envisagé initialement.

Dans ce contexte, les banques, qui ont déjà passé des provisions massives depuis le début de la crise des subprimes, font face à un nouvel accès de défiance. Les analystes disposent en effet d'informations très limitées sur le niveau d'exposition des banques aux rehausseurs de crédit. Or, l'un d'entre eux, ACA, a déjà été relégué dans la catégorie "spéculative" en décembre.

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