Delta Air Lines proposerait la fusion à Northwest et United
La Tribune
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Les titres des grandes compagnies aériennes américaines ont décollé ce jeudi à Wall Street. Celui de Northwest Airlines a bondi jusqu'à 28% à 15,41 dollars, pour légèrement se replier ensuite à 14,92 dollars (+24%), entraînant dans son sillage les autres valeurs du secteur, United (+13%), Delta (+14,06%) ou American (+8,7%).
La cause, une rumeur persistante de grand mariage dans le secteur... qui s'est confirmée dans la journée avec la révélation par le Wall Street Journal d'un mandat que la direction de Delta Air Lines va demander à son conseil d'administration un mandat pour étudier une fusion avec Northwest Airlines et avec UAL, la maison-mère d'United Airlines, en choisissant, après examen approfondi, le meilleur parti.
Kevin Crissey, analyste chez UBS, tablait sur l'annonce dans les six prochains mois d'une "fusion majeure" en précisant qu'une transaction entre Northwest et Delta serait le plus probable. Certains analystes estimaient d'ailleurs que Delta était actuellement en train de préparer l'opération.
Lee Moak, président du syndicat des pilotes de Delta Alpa, a d'ailleurs préparé ses troupes. "Notre compagnie pourrait être impliquée prochainement dans un mouvement de consolidation", a-t-il déclaré dans un courrier le 9 janvier. "Nous n'y sommes pas opposés à condition qu'elle crée une compagnie plus forte et axée sur la croissance pour créer de la valeur pour les pilotes", a-t-il ajouté. Les mêmes pilotes avaient rejeté la proposition du fonds Pardus, actionnaire à la fois de Delta et de United qui, mi-novembre, prônait un rapprochement avec ces deux compagnies.
L'an dernier, alors qu'elle était encore sous chapitre 11 (protection de la loi fédérale sur les faillites), Delta a refusé une fusion avec US Airways, jugé inamicale. Après la sortie de redressement judicaire en mai, la direction de Delta a toujours clamé qu'une fusion aurait "du sens". Le nom de Northwest a déjà été cité. Selon nos informations, dès janvier 2007, Northwest et Delta avaient entamé des discussions pour une éventuelle fusion après leur sortie respective de Chapitre 11 (Northwest était également placée sous ce régime). Le Wall Street Journal avait eu vent de la même information. Les deux compagnies s'en étaient tirées en démentant mener des négociations, un statut différent des discussions.
Ce projet était notamment poussé par Air France-KLM, partenaire européen de Delta et Northwest comme La Tribune l'avait précisé en avril. En effet, c'était (et c'est toujours) le meilleur moyen pour le groupe français de consolider ses positions outre-Atlantique. Celles-ci pourraient être menacées si l'un de ses deux alliés, voire les deux, passaient sous la coupe d'une compagnie membre d'une alliance concurrente. Ce qui était le cas lorsque US Airways a voulu racheter Delta.
Alors que tout projet de fusion avait été en fait mis de côté au printemps en raison de la bonne conjoncture, la donne a changé. Si les compagnies américaines sont devenues les plus rentables de la planète après des années de restructuration, les nuages s'amoncellent. Le baril à près de 100 dollars est un forcément un accélérateur de consolidation. D'autant, qu'à l'inverse des transporteurs européens, les Américaines ne peuvent pas compenser la cherté du baril par celle de l'euro. Surtout, alors que jusqu'ici les clients (passagers individuels, entreprises..) ont encaissé les surcharges tarifaires, le mouvement risque de ne pas continuer dans la perspective de ralentissement économique aux Etats-Unis, voire de récession. De quoi pousser les compagnies à se rapprocher.
Dans ce contexte, il faudra que les lignes bougent rapidement. Tout projet de fusion qui n'aurait pas l'accord du Département des Transports (DOT) et de la Justice (DOJ) avant les prochaines élections présidentielles en novembre 2008 devra ensuite patienter longuement avant que la nouvelle équipe reprenne le dossier et se prononce.
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