Retraites, 35 heures : seules deux confédérations appellent à la mobilisation le 17 juin

FO, la CFTC, la CGC et l'Unsa ne participeront pas à la journée d'action contre les réformes des retraites et des 35 heures organisée par la CGT, la CFDT et Solidaires. Le projet de loi sur le temps de travail sera présenté le 18 juin en Conseil des ministres.

Le gouvernement avance, les syndicats se divisent. Alors que la date du 18 juin a été officialisée lundi pour la présentation du projet de loi sur le temps de travail en Conseil des ministres, FO, la CGC et la CFTC ont fait savoir lundi qu'elles ne participeraient pas à la journée de mobilisation à l'initiative de la CGT, la CFDT et Solidaires le 17 juin sur les retraites et le temps de travail. L'Unsa, qui n'a pas participé à la négociation de l'accord sur la représentativité syndicale mais n'est pas satisfaite de son contenu, a également indiqué lundi qu'elle ne participerait pas à la journée du 17 juin.

"FO a décidé de ne pas appeler au 17 juin. Une manifestation de plus, ce n'est pas ça qui fera changer le gouvernement" sur les retraites, a affirmé son secrétaire général Jean-Claude Mailly. FO a proposé à plusieurs reprises aux autres confédérations "un appel commun à une journée de grève interprofessionnelle concernant le public et le privé, l'appel commun lui donnant une ampleur importante", indique la déclaration solennelle de la commission exécutive de FO, qui s'est tenue dimanche. Or, "cette proposition a été rejetée, en particulier par la CFDT et la CGT", précise le syndicat.

De son côté, la CFTC indique dans un communiqué qu'elle "prépare avec d'autres partenaires syndicaux des actions spécifiques pour lutter efficacement contre l'allongement de la durée cotisation-retraite à 41 ans et la remise en cause des 35 heures dans toutes les entreprises du fait des accords dérogatoires". Estimant que "la position dite 'commune' ouvre la porte à la remise en cause des 35 heures, la CFTC demande à nouveau que CGT et CFDT prennent le seul véritable moyen d'éteindre cet incendie - qu'avec le Medef elles ont contribué à allumer - c'est-à-dire qu'elles retirent leur signature au bas de ce texte".

Réunie en bureau confédéral lundi, la confédération des cadres "constate que le dossier des retraites passe une nouvelle fois au second plan par une astuce supplémentaire du gouvernement qui, en mélangeant tous les sujets, évite que l'on traite sérieusement chaque dossier", indique un communiqué. Pour contrecarrer les plans du gouvernement, la CGC "invite l'ensemble des organisations syndicales à se réunir pour (...) envisager des actions coordonnées pour enfin construire un système de défense de tous les salariés".

Entre la CGT et la CFDT d'une part, qui ont voulu faire du 17 juin une journée contre le passage à 41 ans de cotisation pour une retraite à taux plein et la nouvelle réforme des 35 heures que prépare le gouvernement, et FO, la CGC et la CFTC d'autre part, la guerre est totale depuis l'accord sur la représentativité syndicale. Signé par la CGT, la CFDT, le Medef et la CGPME le 9 avril, cet accord prévoit d'introduire la mesure de l'audience syndicale comme critère de représentativité. Confortant les deux principales confédérations, CGT et CFDT, dans leurs positions, ce principe fait craindre aux trois petites, FO, CFTC et CGC, au pire une disparition, au mieux une réduction de leurs avantages acquis depuis 1966.

Si bien que ces trois organisations sont prêtes à tout pour affaiblir les deux autres. Et l'article 17 de l'accord sur la représentativité, qui introduit l'assouplissement des 35 heures par accord d'entreprise, dans certaines conditions et à titre expérimental, est une occasion rêvée pour y parvenir.

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