La Banque d'Angleterre baisse ses taux d'un quart de point

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Le comité de politique monétaire de la Banque d'Angleterre a décidé ce jeudi de réduire son taux directeur d'un quart de point, à 5,25%. David Owen, économiste en chef pour l'Europe chez Dresdner Kleinwort, prévoit que les taux seront ramenés à 4,5% d'ici la fin de l'année. La Banque Centrale Européenne annonce sa décision à 13h45. Un statu quo est attendu.

La Banque d'Angleterre (BoE) a annoncé aujourd'hui une diminution de ses taux d'un quart de point. Conformément aux attentes des économistes interrogés par l'agence Reuters, la vieille dame de Threadneedle Street a réduit son taux directeur à 5,25%, comme en décembre, quand elle avait ramené le taux de 5,75% à 5,5%. En janvier, la banque avait décidé de laisser les taux inchangés.

La réunion de la BoE tombe quelques jours après que la Réserve fédérale américaine (Fed) a pris la décision spectaculaire de réduire ses taux de 1,25 point en l'espace d'une semaine. Mais la Banque d'Angleterre pouvait difficilement suivre la "Fed" dans une politique aussi agressive.

Dans un discours prononcé à Bristol, le 22 janvier dernier, le gouverneur de la BoE, Mervyn King, a expliqué que le Royaume-Uni devait se méfier à la fois des menaces de récession qui proviennent d'Amérique et des pressions inflationnistes qui arrivent d'Asie, où la croissance des économies locales est à l'origine de la flambée des prix des matières premières. Cette double menace oblige la BoE à agir avec discernement, évitant de pencher excessivement d'un côté ou de l'autre de la politique monétaire.

Traduction: "pas de panique, nous sommes Anglais. La baisse des taux sera graduelle".

"Dans son discours de Bristol, Mervyn King a tiré la sonnette d'alarme sur les risques qui pèsent sur l'économie britannique", affirme néanmoins David Owen, économiste en chef pour l'Europe chez Dresdner Kleinwort. "Il a été plus morne que d'habitude".

David Owen, qui prévoyait que la Banque d'Angleterre baisserait son taux directeur d'un quart de point ce jeudi, anticipe une réduction d'un demi point supplémentaire au cours du deuxième trimestre, et puis encore d'un quart de point vers la fin de l'année, pour le ramener à 4,5%, "un taux neutre", selon l'économiste. La majorité des analystes s'attend aussi à une réduction de cette ampleur, soulignant que la priorité de la BoE est aujourd'hui de stimuler l'activité, tout en maintenant à moyen terme le contrôle de l'inflation (2,1% actuellement, avec une tendance à la hausse en 2008, selon la Banque).

En un certains sens, le défi de Mervyn King est le même que celui de Jean-Claude Trichet, le gouverneur de la BCE (Banque Centrale Européenne). Les cycles économiques entre le Royaume-Uni et la zone euro seraient-ils en train de se rapprocher? Y voyant la preuve d'une relative convergence, certains économistes notent qu'en 2008 les deux régions seront confrontées toutes les deux à un ralentissement économique, mais pas à une récession, ainsi qu'à de fortes pressions inflationnistes. Bref, un scénario commun.

Mais, selon David Owen, les cycles restent divergents. "Historiquement, tout ralentissement ou récession aux Etats-Unis a un impact d'abord au Royaume-Uni, puis en Europe continentale, avec un effet à chaque fois décalé dans le temps", dit-il. L'économie britannique va souffrir la première, car deux de ses secteurs dominants - le marché de l'immobilier et les services financiers au sens large - sont directement affectés par la crise du crédit.

Le marché de l'immobilier, qui ralentit depuis l'été 2007, devrait décliner de 5% en 2008, selon l'économiste de Dresdner. Quant aux services financiers (incluant ici les services de conseil aux entreprises), leur croissance a ralenti à 1,5% en glissement annuel au quatrième trimestre 2007, après avoir connu une progression moyenne annualisée d'environ 5% au cours des cinq dernières années.

David Owen croit que l'Europe n'est pas immunisée, même si elle attrapera son coup de froid plus tard. "Des pays comme l'Espagne ou l'Italie sont menacés de récession, la France dans un moindre degré", dit-il. Surtout, il note que les entreprises européennes sont très dépendantes des banques, et donc potentiellement fragilisées par les difficultés que rencontrent les établissement de crédit.

L'économiste en conclut que la BCE, dont les taux sont déjà à un niveau relativement neutre, va elle aussi, plus tard dans l'année, baisser les taux. "C'est plus une question de ton et de rhétorique que de substance. La BCE parle plus d'inflation, mais in fine elle regarde avec plus d'attention qu'elle ne le laisse croire les indicateurs de croissance", affirme David Owen.

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