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L'avenir de la Société Générale : la question de l'intervention de l'Etat est posée

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Publié le 29 janvier 2008 à 03:20 - Mis à jour le 24 octobre 2008 à 18:35

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La colère de l'Elysée face à cette affaire est palpable. L'UMP rejette toute nationalisation de la banque mais évoque une éventuelle intervention de l'Etat. L'opposition réclame une enquête parlementaire sur cette affaire.

Du côté des pouvoirs publics, le scandale de la Société Générale crée des remous. Dimanche soir, le conseiller de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, a affirmé qu'il fallait réfléchir à "la manière de corriger les règles" d'un système bancaire "devenu fou". Dans le système bancaire "tel qu'il est, nulle part dans le monde, un patron de banque ne sait exactement ce qui se passe dans sa banque pour des raisons qui tiennent à la nature du capitalisme financier", a-t-il estimé.

"Le capitalisme financier marche sur la tête (...) Il faut nous interroger, au-delà du cas particulier de la Société générale, sur ce que ça exprime de difficultés à contrôler ce système dans lequel plus personne ne sait où sont les risques, quelle est la valeur exacte des actifs", a-t-il affirmé, reprenant les propos de Nicolas Sarkozy tenus samedi et dénonçant le fonctionnement des marchés financiers.

Selon lui, "il faut garder son sang-froid devant la crise et s'interroger sur la manière de corriger les vices de ce système, de corriger ses excès, de corriger ses règles du jeu qui aujourd'hui en font un système fou".

Le conseiller du président de la République a également annoncé que l'Etat serait vigilant sur une possible menace d'OPA sur la Société Générale, fragilisée par ses pertes. "L'Etat n'a pas à intervenir à chaque fois qu'il y a une prise de contrôle (d'une banque) mais je ne pense pas que l'Etat restera les bras croisés si un prédateur quelconque cherche à profiter de la situation", a-t-il affirmé.

Une position réaffirmée ce lundi par le secrétaire général de l'UMP, Patrick Devedjian. "Il ne faut pas nationaliser la Société générale mais l'Etat n'est pas obligé de rester inerte quand la substance même de son économie est en péril", a-t-il déclaré sur LCI. "A l'UMP, nous souhaitons que l'Etat, le gouvernement, les autorités des marchés soient attentifs au devenir de cette grande banque à laquelle nous sommes attachés et que cet épisode malheureux ne soit pas l'occasion d'une opération capitalistique qui viendrait déséquilibrer le paysage bancaire français", a renchéri pour sa part le député de Seine-et-Marne, Yves Jégo.

Au sein de l'opposition, les critiques vont bon train. Le député socialiste Pierre Moscovici a ainsi déclaré dimanche soir qu'il ne croyait pas à "la thèse de l'homme isolé, du génie méconnu qui aurait fraudé tout le monde". "J'en tire quand même une conclusion, c'est que les contrôles, éventuellement, n'ont pas marché. Il y a un échec du contrôle en matière de régulation".

Il a estimé de fait que la responsabilité de Daniel Bouton, P-DG de la Société générale, est engagée. "Dans aucun autre pays au monde, on pourrait imaginer le président d'une banque qui connaît ce genre de problème gigantesque, (...) se contenter de dire 'je donne six mois de mon salaire'", a-t-il dit. "Il me semble qu'il n'échappera pas à sa responsabilité", a-t-il ajouté.

Pierre Moscovici a enfin demandé une enquête parlementaire et l'audition de tous les responsables bancaires et politiques engagés dans le dossier. Des premières auditions pourraient d'ailleurs avoir lieu cette semaine.

Enfin, la ministre de l'Economie Christine Lagarde doit elle remettre "sous huit jours" un rapport au Premier ministre François Fillon pour tenter d'expliquer comment une fraude d'une telle ampleur a pu frapper la Société Générale.

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