Le contrôle des chômeurs fera l'objet d'un projet de loi avant la fin de l'année

La ministre de l'Emploi Chrisitine Lagarde et son secrétaire d'Etat Laurent Wauquiez entament jeudi des rencontres bilatérales sur le sujet avec les partenaires sociaux. Ils veulent une sanction des chômeurs après le refus de deux offres d'emploi "raisonnables".

Déterminés à agir vite, quoi qu'en disent les syndicats. C'est l'état d'esprit de Christine Lagarde, ministre de l'Economie, des Finances et de l'Emploi, et de son secrétaire d'Etat Laurent Wauquiez, à propos du contrôle des chômeurs. A peine entament-ils jeudi leurs rencontres bilatérales avec les partenaires sociaux sur la réforme de l'assurance chômage (UPA, CGPME et CGC sont reçus jeudi, les autres organisations patronales et syndicales le seront la semaine prochaine) qu'ils annoncent un projet de loi sur le durcissement des sanctions aux chômeurs au plus tard pour la fin 2008.

"Nous commençons aujourd'hui mais avec la volonté d'avancer rapidement", affirme Laurent Wauquiez dans le Républicain Lorrain jeudi. La ministre de l'Emploi, qui a accordé au quotidien régional une interview avec son secrétaire d'Etat, explique que "jusque-là les demandeurs d'emploi pouvaient avoir l'impression d'être traités de manière trop automatique". Le gouvernement se fixe donc comme objectif de "faire du sur-mesure" pour les chômeurs. Mais "en contrepartie, on demande une démarche plus active pour retrouver un emploi".

Christine Lagarde est favorable à "un processus graduel" de recherche d'emploi, où "il faudra peut-être viser un peu plus large" au fil du temps. Dans son édition de lundi, les Echos ont annoncé que le projet gouvernemental à l'étude consistait à durcir les sanctions pour les chômeurs qui refuseraient au moins deux offres d'emploi dites "valables" et à les obliger à accepter, après six mois de chômage, un emploi nécessitant moins de deux heures de trajet par jour et rémunéré au moins 70% de son précédent salaire.

Reste à savoir quelle sera la définition de l'offre raisonnable d'emploi, qui n'existe pas aujourd'hui en droit français. Pour Laurent Wauquiez, cette définition doit se décider "à partir d'un projet personnalisé. Ce n'est pas la même chose pour quelqu'un habitant Metz, le Puy-en-Velay ou la région parisienne. Mais ça dépend aussi de l'histoire de chacun: sa formation, son métier, sa profession".

Le secrétaire général de la CGT a fustigé jeudi le projet du gouvernement. "Il est faux de considérer que les chômeurs sont d'abord des fainéants", a déclaré Bernard Thibault sur France Inter.

La dispense de recherche d'emploi bientôt supprimée?
La ministre de l'Emploi Christine Lagarde se déclare prête à supprimer la dispense de recherche d'emploi pour les chômeurs de plus de 57 ans et demi, estimant qu'à cet âge-là "on n'est pas fichu, on peut retrouver un emploi". Depuis 1985, les demandeurs d'emploi de plus de 57 ans et demi (ou plus de 55 ans sous certaines conditions) peuvent conserver leurs droits à indemnisation sans avoir à effectuer les démarches régulières demandées aux autres chômeurs. Fin mars, le secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez avait estimé qu'au contaire "nous ne pouvons pas forcer les chômeurs âgés à chercher un emploi s'ils n'ont aucune chance d'en trouver". A l'automne 2007, le ministère de l'Emploi avait indiqué que le gouvernement envisageait un relèvement "progressif" de l'âge auquel un chômeur a droit à une dispense de recherche d'emploi.

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