Eran Riklis plante des citronniers pour la paix

Avec "Les citronniers", le réalisateur israélien Eran Riklis réussit un film sensible et magnifique sur le conflit israélo-palestinien doublé d'un beau portrait de femme. L'histoire d'une veuve palestinienne décidée à se battre pour sauver son verger de la destruction.

Il a remporté près d'une vingtaine de prix avec son film précédent, l'excellent "La fiancée syrienne" (2004). Le réalisateur israélien Eran Riklis ne devrait avoir aucun mal à pulvériser ce record avec son dernier long métrage, "Les citronniers", déjà récompensé du Prix du public au dernier festival de Berlin. Car cette oeuvre émouvante et délicate porte un regard tendre mais néanmoins implacable sur le conflit israélo-palestinien.

Plutôt que la violence de l'Intifada, les attentats meurtriers, le quotidien difficile des territoires, Riklis a préféré raconter le combat pacifique mais ferme de Salma, une Palestinienne décidée à sauver une petite plantation de citronniers hérité de son père. C'est d'ailleurs la seule chose qu'il reste à cette veuve dont les enfants ont quitté le domicile pour mener leur vie de leur côté. Alors elle s'en occupe avec amour, aidé par un vieil ouvrier agricole. Jusqu'au jour où le nouveau ministre israélien de la Défense s'installe en face de chez elle. Et exige -pour des raisons de sécurité- la destruction de son verger.

Le réalisateur raconte tout cela avec une infinie tendresse pour ses personnages, magistralement interprétés par des comédiens israéliens et palestiniens, parmi lesquels Hiam Abbass qui interprète le rôle de Salma. Ce faisant, Riklis brosse un tableau sans équivoque de la région et de ses habitants.

Chacun en prend pour son grade. L'armée israélienne, arrogante parce que puissante. Le ministre de la Défense, cynique, prêt à renoncer à ses convictions pour conserver le pouvoir. L'autorité palestinienne, absente, plus préoccupée par elle-même que par les problèmes de son peuple. Le machisme d'une société arabe dont les hommes s'autorisent un droit de regard sur la vie des femmes. Et ces femmes, justement. Israéliennes et Palestiniennes, fières, dignes, fortes. Elles portent en elles la solution, semble dire Riklis. De quoi redonner de l'espoir.

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