Quarante dirigeants mondiaux à Paris pour lancer l'Union pour la Méditerranée

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Un rassemblement inédit de quarante dirigeants donnera le coup d'envoi de l'Union pour la Méditerranée (UPM), le 13 juillet à Paris. Les oppositions au projet s'étaient multipliées ces derniers mois. Finalement, le président Sarkozy est parvenu à convaincre presque tout le monde.

Les réunir tous ensemble n'aura pas été une mince affaire. Pour parvenir à rassembler des nations au départ hostiles au projet, en conflit, ou engluées dans des rivalités depuis des décennies, Nicolas Sarkozy a dû multiplier les coups de téléphones et les promesses.

Il a réussi à convaincre le président syrien Bachar al-Assad, qui signe ainsi son grand retour sur la scène internationale depuis 2005. Ce dernier se retrouvera face au Premier ministre israélien, Ehud Olmert. Pourtant les deux pays sont officiellement en guerre depuis 1948. Autre venue marquante, celle de l'Algérie, longtemps réfractaire au projet de l'UPM.

De même la présence de la Turquie a longtemps paru une chimère. En effet, les Turcs craignaient que leur intégration dans l'UPM ne soit qu'un subterfuge pour les écarter de l'Union européenne (UE). Le dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi sera le seul grand absent du rendez-vous, mais son pays participera quand même au processus en tant qu'observateur.

Ce sommet a été agencé par Nicolas Sarkozy pour être l'évènement diplomatique de son début de présidence européenne, lancée le 1er juillet.

Mais la petite union limitée aux rivages de la Méditerranée s'est transformée en une "super union" comprenant 43 membres dont les Vingt-Sept de l'UE, dix pays du Sud et plusieurs pays des Balkans. Un ensemble rassemblant 765 millions de personnes, et s'étirant des rives du Groenland au sable de la Jordanie.

L'UPM se fixe des buts très concrets tels que la dépollution de la Méditerranée, l'énergie solaire ou la sécurité. Elle se différencie ainsi clairement de l'union préexistante, l'Euromed ou "processus de Barcelone", initiée en 1996. Malgré des résultats limités, les membres de l'UE ont catégoriquement refusé d'abandonner ce processus.

Car Angela Merkel a boycotté le projet initial du président français, qui était limité au seul pourtour méditerranéen. Elle a exigé (et obtenu) que le projet revienne dans le giron européen, en intégrant les Vingt-Sept dans l'UPM.

Côté financement, la Caisse des dépôts (CDC) française et la Cassa depositi e prestiti (CDP) italienne vont lancer un fonds, InfraMed, avec pour objectif d'atteindre un montant global de 600 millions d'euros. "Ce fonds sera ouvert à d'autres investisseurs de long terme, d'Europe, de Méditerranée et d'ailleurs", selon la CDC.

Le sommet débute dimanche sous la co-présidence de Nicolas Sarkozy et du président égyptien Hosni Moubarak. Parallèlement, le président français mènera de nombreux entretiens privés avec les dirigeants. Pour les observateurs, la déclaration de lancement devrait "être la moins politique possible", notamment sur le conflit au Proche-Orient. Une manière de ne pas froisser les sensibilités pour pouvoir maintenir l'UPM à flot malgré les différends entre ses membres.

Les quarante-trois pays de l'Union pour la Méditerranée

Les vingt-Sept de l'UE: France, Italie, Espagne, Portugal, Grèce, Chypre, Malte, Belgique, Allemagne, Autriche, Luxembourg, Pays-Bas, Suède, Danemark, Finlande, Irlande, Royaume-Uni, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République tchèque, Slovaquie, Slovénie, Roumanie, Bulgarie. Quatre pays du Maghreb: Algérie, Maroc, Tunisie, Mauritanie, et la Libye à titre d'observateur. Six pays du Moyen-Orient: Egypte, Liban, Syrie, Israël, Jordanie, Autorité palestinienne. Enfin, Monaco et quatre pays des Balkans: Albanie, Croatie, Bosnie et Monténégro.

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