Art aborigène, le trop plein

Les arts premiers sont à la mode. Venant d'Afrique ou d'Océanie, ils restent incontournables. Depuis peu, les travaux aborigènes d'Australie entrent dans cette catégorie. Avec un succès qui peut être trompeur.

Ce n'est que dans les années 1970 que l'art aborigène a dépassé les contours de Panuya, au coeur de l'Australie. Jusque là, cette population indigène présente depuis plus de 50.000 ans, seuls humains de l'ile-continent, se contentait de peindre les éléments pour glorifier les dieux. Soit de manière permanente sur la roche de leurs grottes sacrées ou sur quelques troncs d'eucalyptus bien choisis, soit, le plus souvent de façon temporaire, sur leurs corps ou sur le sable rouge du désert. C'est un enseignant d'Alice Springs qui eut le premier l'idée de confier à quelques artistes le soin de peindre le mur d'une école, donnant ainsi le départ d'une expression artistique plus globale que d'astucieux commerçants ont eu vite fait d'exploiter, d'autant que plusieurs musées et pas mal d'institutions locales ont soutenu, histoire de glorifier une peuplade jusque là particulièrement maltraitée.

Aujourd'hui, l'art aborigène, essentiellement peinture, mais aussi un peu sculpture et musique, a droit de cité. Les artistes, regroupés en coopératives régionales, sont reconnus et encouragés. Certains connaissent même la gloire de leur vivant, leurs oeuvres étant accrochées aux cimaises les plus prestigieuses, notamment au Musée du Quai Branly à Paris où plusieurs d'entre eux ont même peint le plafond et les colonnes de bâtiments.

Bien évidemment, le marché s'est emparé de cet engouement, et nombre de galeries et salles des ventes proposent des peintures aborigènes, quelques unes pas encore seiches. Rançon de ce succès, les toiles, souvent en grande taille et réalisées en grande série manquent parfois d'authenticité,

La vacation qu'organise Artcurial le 7 juillet propose 60 lots très inégaux, parmi lesquels on peut retenir plusieurs acryliques de Clifford Tjapaltjarri (de 10.000 à 250.000 euros), d'Eunice Napangardi (autour de 50.000 euros), de Maggie Watson (12.000) ou de Tjamptitjnpa Ronnie (10 à 15.000 ). La plupart des oeuvres, partfois moyennes, sont estimées entre 3 et 10.000 euros.

A noter qu'un des meilleurs connaisseurs de l'art aborigène en France est Stéphane Jacob, qui a initié nombre d'amateurs depuis une quinzaine d'années, avec des ventes en appartement, avec des cours de sensibilisation et une présence désormais accrue dans des salons. Son site www.artsd'australie est un modèle de galerie Internet.

- Le 7 juillet, Artcurial, Rond Point des Champs elysées, 75008 paris
Renseignements : www.artcurial.com

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