UFC Que Choisir dénonce le manque de concurrence dans la distribution alimentaire

L'écart de prix du panier moyen entre deux hypermarchés du même groupe peut atteindre 20% lorsque l'un fait face à des concurrents et l'autre non, constate l'association de consommateurs.

L'absence de concurrence dans la distribution alimentaire coûte des centaines d'euros aux ménages chaque année selon l'UFC-Que Choisir, qui propose de renforcer le rôle du Conseil de la concurrence pour contrer les positions dominantes des enseignes. L'écart de prix du panier moyen entre deux hypermarchés du même groupe peut atteindre 20% lorsque l'un fait face à des concurrents et l'autre non, constate l'association de consommateurs, dans une étude publiée jeudi. Cette étude porte sur un échantillon de 160 produits alimentaires de grande consommation dans 40% des zones de chalandises en France, soit 634 hypermarchés et zones de chalandise.

"Il y a une minorité de zones de chalandises dans lesquelles les hypermarchés sont en réelle concurrence. Ces monopoles se sont constitués au fil des ans", a commenté Alain Bazot, président de l'UFC-Que Choisir. Or "un hypermarché en situation de non concurrence augmente les prix", a-t-il ajouté.

L'étude révèle que seules 26,9% des zones sont "potentiellement" concurrentielles, le consommateur ayant le choix entre plus de deux hypermarchés. Cependant, dans 36,9% des cas, il y a une concurrence "moyenne" avec seulement deux hypermarchés et dans 32,9% il n'y a qu'un seul hypermarché, donc pas de concurrence.

L'écart de prix entre deux hypermarchés du même groupe, lorsque l'un est sur une zone concurrentielle et l'autre non, fluctue de +5% à +20%.Il est le plus élevé chez Carrefour (+20,56%) et le moins chez Auchan (+5%). Cet écart est de 7,22% chez Cora et Casino, de 10,24% chez Leclerc, de 11,14% chez Intermarché et de 13,02% chez Système U.

Donnant l'exemple de Carrefour à Marseille, UFC souligne que le consommateur paiera 5,45% plus cher au Carrefour du 15ème arrondissement que dans celui du 8ème arrondissement. En moyenne, pour un ménage marseillais moyen, cet écart représente un surcoût annuel d'environ 230 euros.

Dans le département de la Gironde l'association donne l'exemple de Leclerc. Un ménage de Talence paiera 9,32% plus cher ses courses qu'un autre habitant de Port-Ste-Foy-et-Ponchapt, où Leclerc est concurrencé par un géant Casino.

"Déménager permettrait au ménage de Talence de faire une économie annuelle d'environ 392 euros en moyenne", selon M. Bazot.
Les clients de ces hypermarchés achetant aussi des produits non alimentaires, les surcoûts sont encore plus élevés. UFC-Que Choisir ajoute que son étude a été réalisée en septembre 2007, à une période où les prix étaient relativement bas par rapport à "la grande inflation du dernier trimestre" 2008.
"Notre estimation des écarts de prix est donc probablement bien en dessous de la réalité" actuelle, indique-t-elle.

Dans les zones non concurrentielles, les hypermarchés préfèrent augmenter les prix des produits de grandes marques, particulièrement Carrefour et Auchan, alors que leurs marques propres restent peu inflationnistes.
Pour régler cette situation, UFC-Que Choisir milite pour une réforme en profondeur de la loi Raffarin sur l'implantation commerciale, qui a facilité "la concentration du secteur".
"Il faut donner un pouvoir d'injonction au Conseil de la concurrence. Par exemple, lorsque deux Leclerc ou deux Carrefour sont présents dans la même zone de chalandise, le Conseil doit pouvoir enjoindre Leclerc ou Carrefour à céder un de ses hypermarchés à la concurrence", a proposé M. Bazot.

Asterop, une société spécialisée dans la consommation, a publié lundi une étude montrant également une absence de concurrence dans la distribution de l'équipement sportif et l'ameublement.

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