Les Vingt-Sept se donnent rendez-vous en octobre pour surpasser le "non" irlandais

Au sommet de Bruxelles, les Tchèques refusent pour l'heure de s'engager à poursuivre la ratification du traité de Lisbonne. Les autres pays membres essayent de les convaincre et se retrouveront en octobre pour faire le point.

Les dirigeants européens ont entrepris ce vendredi de convaincre les Tchèques de s'associer à l'opération de sauvetage du traité de Lisbonne après un "non" irlandais qui menace l'élargissement de l'U.E. (Union européenne). Les chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Sept ne sont pas encore parvenus à un consensus total sur la marche à suivre.

L'immense majorité des Etats membres se sont engagés à suivre l'exemple du parlement britannique qui, malgré le vote irlandais, a ratifié mercredi le traité, portant ainsi à 19 le nombre de pays qui ont d'ores et déjà franchi le pas, et tous ont exclu une renégociation du texte lui-même. Même la Pologne, dont le président eurosceptique Lech Kaczynski tarde à signer un traité ratifié par la Diète, a rassuré ses partenaires européens sur sa bonne volonté. "Nous ne sommes plus des fauteurs de trouble aujourd'hui", a déclaré le Premier ministre polonais Donald Tusk.

Seule la République tchèque, dont le président eurosceptique, Vaclav Klaus, estime que le traité de Lisbonne est mort, se fait encore tirer l'oreille pour ne pas préjuger de l'avis que sa Cour constitutionnelle doit rendre à l'automne. "Si le vote avait lieu aujourd'hui, je ne parierais pas 100 couronnes sur le résultat", a ironisé le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek, qui refuse un engagement ferme.

Comme projet de conclusion du sommet, la présidence slovène de l'UE a proposé un texte qui précise que "le processus de ratification se poursuit dans les autres pays", mais Prague se cabre devant cette formulation.

Pour obtenir l'accord des Tchèques, Angela Merkel a pris son petit déjeuner avec Mirek Topolanek pour le convaincre qu'il n'a aucun intérêt à bloquer le processus alors que Prague assumera la présidence de l'Union européenne au premier semestre de 2009.

De son côté, Nicolas Sarkozy a été très net: "Pas de Lisbonne, pas d'élargissement", a-t-il expliqué devant la presse. Quelques heures plus tard, le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, lançait le même avertissement quasiment dans les mêmes termes. Or, pour Prague, l'élargissement, notamment à la Croatie, prochain pays sur la liste, est une priorité stratégique.

"Ce serait très bon pour nous si nous ratifions (le traité) avant le 1er janvier parce que notre présidence commencera à ce moment", a de son côté expliqué le ministre tchèque des Affaires étrangères, Karel Schwarzenberg, en ajoutant en marge du Conseil européen qu'il présumait que ce serait bien le cas, alors que son pays attend pour l'automne l'avis de la Cour constitutionnelle sur le traité.

Pour l'immense majorité des capitales européennes, il sera impossible de gérer l'Europe à venir sans les outils prévus par ce traité, comme le président stable du Conseil européen, le "ministre" des Affaires étrangères de l'UE et la généralisation du vote à la majorité qualifiée pour éviter la paralysie.

Les dirigeants européens se montrent toutefois confiants dans la possibilité de pouvoir rassembler 26 pays autour du traité de Lisbonne afin de démontrer aux Irlandais qu'ils sont seuls et de voir s'il leur est possible d'organiser un nouveau référendum sur la base d'une déclaration. Ce texte garantirait par exemple leur neutralité, le respect de leur interdiction de l'avortement et l'absence d'interférence de l'Union européenne dans le niveau de la fiscalité.

Même s'ils ont décidé de donner à Dublin du temps pour analyser les raisons du "non", ils se sont fixé rendez-vous au Conseil européen des 19 et 20 octobre pour faire le point. Il ne s'agit pas d'une date-butoir pour arrêter une stratégie, mais la solution devra être esquissée pendant la présidence française de l'UE, qui commence le 1er juillet.

En tout état de cause, une solution devra être trouvée bien avant les élections européennes de juin 2009, échéance qui a été unanimement jugée comme étant incontournable.

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