Le G7 somme les banques de faire toute la lumière sur leur exposition aux risques

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Faute d'appel commun à un plan de relance international ou de déclaration unanime sur l'évolution des changes, la réunion à Tokyo des grands argentiers de la planète a donné lieu à quelques appels à la vigilance face à la crise financière actuelle.

Si, comme d'habitude, la réunion, samedi à Tokyo, des plus grands argentiers de la planète, le G7 (États-Unis, Canada, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France et Italie) , n'a débouché sur rien de concret, elle a au moins accouché d'un appel clair : celui lancé aux banquiers afin qu'ils fassent toute la lumière sur leur exposition aux risques après la crise du subprime (ces prêts immobiliers à risque aux Etats-Unis, auxquels ont été adossés de nombreux produits financiers achetés par presque tous les établissements financiers sur la planète) et ses rebondissements.

La déconfiture sur les marchés (5.200 milliards de dollars se sont évaporés sur les Bourses mondiales en janvier, selon l'agence de notation financière Standard and Poor's) inquiète de plus en plus, d'autant qu'elle est alimentée par les riques de récession aux Etats-Unis.. "La tâche la plus immédiate pour les participants sur le marché est de reconstruire la confiance dans la solvabilité et la robustesse des institutions financières", estime le Forum de stabilité financière (FSF) dans un rapport préliminaire remis au G7. "C'est la condition nécessaire pour rétablir une liquidité adéquate", poursuit ce forum créé après la crise asiatique de 1998.

Le ministre allemand des Finances, Peter Steinbrück, estime pour sa part que les banques pourraient être contraintes de passer jusqu'à 400 milliards de dollars de dépréciations. La note pourrait être encore plus lourde si les banques ne trouvaient pas rapidement une solution aux difficultés des rehausseurs de crédit qui assurent les obligations. Un plan de soutien - auquel participe activement les banques françaises - est en cours de finalisation.

Le G7 appelle du coup à un renforcement de la gestion des risques de liquidité des institutions financières en accélérant le développement d'une approche internationale au sein du comité de supervision financière du comité de Bâle. Il en appelle aussi aux agences de notation pour qu'elles prennent mieux en compte les risques liés aux produits financiers complexes comme ceux qui étaient adossés aux crédits subprime.

Par ailleurs, le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, a profité du G7 de Tokyo pour appeler une nouvelle fois les grands pays à mettre en oeuvre "une réponse fiscale coordonnée" face au risque de récession de l'économie américaine. Sans rencontrer beaucoup d'écho.

Les pays du G7 se disent certes prêts dans le communiqué final à "prendre les actions appropriées, individuellement ou collectivement, de façon à assurer la stabilité et la croissance de (leurs) économies" et celle des marchés financiers. Mais ils se gardent bien de faire mention d'un éventuel plan de relance international. D'autant que Washington écarte toujours le risque d'une récession. Le secrétaire américain au Trésor, Henry Paulson, s'attend à ce que l'économie américaine "continue à croître en 2008". Même son de cloche côté européen : "nous ne prévoyons pas de récession dans le cas de l'Europe", a souligné la ministre française de l'Économie, Christine Lagarde. Face aux risques de resserrement du crédit qui pèserait sur l'activité, le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer reconnait simplement "des tensions sur les conditions d'octroi de prêts".

Le G7 a également appelé "les pays producteurs de pétrole à augmenter leur production", afin de freiner l'envolée des cours du brut qui aggrave les risques de récession. Les ministres des Finances ont enfin appelé la Chine à "accélérer" l'appréciation du yuan, "au vu de la hausse de son excédent des comptes courants et de son inflation". Le communiqué final ne fait en revanche aucune référence au niveau du yen, du dollar ou de l'euro.

Enfin, le G7 a appelé à investir dans les pays en développement pour les aider à combattre le réchauffement climatique et envisage la création d'un fonds. Les États-Unis, le Japon et la Grande-Bretagne ont proposé de créer un fonds multilatéral impliquant la Banque mondiale qui gérerait l'aide globale destinée à soutenir des nations pour réduire les gaz à effet de serre."Il n'y a aucune chance de résoudre ce problème à moins d'accélérer l'utilisation de technologies propres" a plaidé le secrétaire américain au Trésor, Henry Paulson.

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