Tensions attendues sur le marché du gaz naturel liquéfié

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"Dès 2012, il y aura une forte tension sur l'approvisionnement en GNL", prévoit Colette Lewiner, du cabinet d'étude Capgemini.

Le marché mondial du gaz naturel liquéfié (GNL) devrait se tendre dès 2012, en raison d'une demande croissante pour cette source d'énergie, qui permet de varier les importations, et d'une offre limitée due aux retards de grands projets.

"Dès 2012, il y aura une forte tension sur l'approvisionnement en GNL", prévoit Colette Lewiner, du cabinet d'étude Capgemini, qui vient de conduire un rapport sur les terminaux gaziers en France présenté à la presse lundi.

Rendu liquide par refroidissement du gaz à moins de 160°C, le GNL peut se transporter facilement par bateau, contrairement au gaz naturel classique qui transite par gazoduc. En outre le volume du GNL est 600 fois inférieur à celui de son état gazeux, ce qui rend son transport plus économique.

Selon l'Agence internationale de l'énergie, la part du GNL dans les approvisionnements mondiaux de gaz va quasi doubler entre 2005 et 2010, pour passer de 192 milliards de mètres cubes à 350 milliards.

En Europe, où la production et les réserves de gaz déclinent, la demande en gaz va croître de 2 à 2,5% par an d'ici 2015, pour alimenter notamment les nouvelles centrales de production d'électricité à partir de gaz, dans le but de moins dépendre du charbon, plus polluant.
"Les mêmes constats sont faits en Amérique et en Asie, avec pour conséquence un recours croissant au GNL", explique Mme Lewiner.

L'Europe va donc devenir de plus en plus dépendante des importations, qui pourraient représenter 80% de ses approvisionnements en 2030, contre 50% en 2007, et notamment du gaz russe, qui représentera 50% de la demande européenne en 2030, contre 26% actuellement.

Le GNL permet "de s'affranchir des aléas géopolitiques auxquels sont soumis les gazoducs lorsqu'ils traversent des territoires nationaux", et permet de "diversifier les sources d'approvisionnement", selon l'Institut français du pétrole.
Du coup de nombreux pays construisent des installations de regazéification dans les terminaux méthaniers, ports d'accueil des navires transportant du GNL.

En France, qui est un gros importateur de GNL (représentant 30% de ses approvisionnements en gaz), quatre terminaux méthaniers doivent être mis en service entre 2012 et 2015.

Mais côté offre, des projets importants de liquéfaction, au Nigeria ou au Qatar, "ont été annulés ou reportés récemment" en raison d'une hausse des coûts d'ingénierie, suite à la flambée des prix de matières premières comme l'acier, à un manque de main d'oeuvre, ou parce que ces projets sont très complexes.

Au Qatar, qui détient les troisièmes réserves mondiales de gaz, les projets prennent "un an de retard tous les dix-huit mois", selon Mme Lewiner.
Par ailleurs, l'exportation de GNL se trouve de plus en plus souvent en concurrence avec les besoins locaux. La consommation du Nigeria en gaz doit passer de 12 milliards de mètres cube en 2007 à 64 milliards en 2013.

Cette forte demande de GNL pourrait cependant pousser à la création d'un marché mondial du gaz qui, actuellement, se vend essentiellement à l'intérieur de trois régions, l'Asie, l'Amérique du Nord et l'Europe. Avec autant de prix différents.

Mais "les méthaniers peuvent changer de trajet pour approvisionner les pays qui offrent les meilleurs prix", observe Mme Lewiner.
Le marché serait alors dominé par les producteurs, notamment du Moyen-Orient, "dont la situation géographique permet facilement un arbitrage entre le marché atlantique et le marché asiatique, selon elle.

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