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Siemens pourrait porter plainte contre l'ensemble des anciens dirigeants

La Tribune

Publié le 24 avril 2008 à 00:20 - Mis à jour le 24 octobre 2008 à 18:59

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Le directeur du secteur santé a jeté l'éponge. Une décision qui pourrait anticiper une plainte du groupe contre l'ancien directoire, aujourd'hui accusé d'avoir fermé les yeux, voire d'avoir favorisé les pots de vin.

Et encore un. C'est maintenant au tour d'Erich Reinhardt de donner sa démission du directoire de Siemens. Un des seuls rescapés de l'équipe précédente, le directeur en charge de la division santé depuis 1994 avait pourtant été à l'automne, avant d'être confirmé dans ses fonctions, déclaré blanc par Debevoise & Plimpton, le cabinet d'avocats américains chargé par le groupe de faire la lumière sur l'affaire de corruption qui entache le groupe depuis plus d'un an.

Aujourd'hui, le manager a toutefois décidé d'assumer les déraillements qui ont été identifiés dans son service. 70 millions de paiements douteux auraient été versés entre 2001 et 2006 par sa division "Il n'y a pas de doute sur l'intégrité personnelle du professeur Reinhardt. Mais nous devons constater que dans la division santé, il y a eu des comportements qui ne sont pas acceptables", a justifié dans un communiqué le président du conseil de surveillance, Gerhard Cromme.

La division santé, l'un des trois piliers du groupe allemand, totalise 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires par an. Son successeur va être Jim Reid-Anderson, jusque là président de la division diagnostic.

Visiblement, Erich Reinhardt commençait à être excédé par le climat de suspicion qui s'aggrave en interne, depuis qu'un salarié a indiqué aux juges la semaine dernière, preuves à l'appui semble t-il, que les affaires de corruption n'étaient pas des cas isolés mais bien une pratique traditionnelle dans le groupe.

Un système que les anciens dirigeants avaient pourtant toujours nié. Il a donc décidé d'assumer sa part de responsabilité en tant que membre du directoire. "J'ai pris cette décision personnelle hier qui reflète ma compréhension de la culture de management et de responsabilité entrepreneuriale" a indiqué Erich Reinhardt.

Une responsabilité qu'a toujours réfuté en revanche l'ancien patron du groupe, Heinrich von Pierer, aujourd'hui montré du doigt avec insistance par la presse allemande. L'ancienne figure emblématique du capitalisme allemand a même été obligée vendredi dernier d'aller rencontrer le parquet de Munich après toutes ces révélations d'un témoin qui a indiqué avoir même été contraint personnellement par le patron du groupe à verser des pots de vin.

Lundi, alors qu'une nouvelle rencontre avait été prévue, l'avocat de Heinrich von Pierer a finalement déposé une longue défense au procureur. Celui-ci a annoncé ensuite qu'il lui faudrait au moins une semaine pour analyser le dossier avant de pouvoir dire notamment si l'ancien patron du groupe ferait aussi partie, comme l'ancien directeur financier Heinz Joachim Neubürger, des accusés. 270 personnes au total seraient déjà dans l'oeil du procureur.

Après la démission d'Eric Reinhardt, l'étau pourrait se resserrer également sur Joe Kaeser, l'actuel directeur financier du groupe. Par le passé, il était directeur financier dans une division du secteur communication où toute l'affaire a démarré.

S'il était aussi poussé à la démission, c'est tout le directoire qui aurait changé en moins de dix-huit mois. Une issue jugée normale par certains experts juristes qui estiment que c'est l'ensemble du directoire qui est responsable dans une telle affaire et doit en assumer les conséquences.

La démission d'Erich Reinhardt laisse à penser également que Siemens s'apprête à porter plainte contre l'ensemble du directoire en poste jusqu'en 2006. La décision pourrait être prise mardi prochain lors de la prochaine réunion du conseil de surveillance au cours de laquelle le cabinet Debevoise doit faire un point de son enquête interne.

Lors de l'assemblée générale des actionnaires en janvier, les membres de l'ancien directoire (à l'exception du président Peter LÖscher en poste depuis juillet 2007) n'avaient pas reçu leur quitus pour la gestion de l'exercice clos au 30 septembre 2007. Jusqu'à présent, les affaires de corruption ont déjà coûté au groupe plus de 1,7 milliards d'euros. Sans compter l'épée de Damoclès qui pèse sur le groupe tant que la SEC, le gendarme de la bourse de New York, n'a pas communiqué la peine qu'elle entend lui infliger.

La Tribune

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