L'économie française résiste à la crise, affirme Christine Lagarde

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Malgré la révision à la baisse des prévisions de croissance pour 2008, la ministre de l'Economie assure que la France résiste à la crise financière internationale et que son économie "se porte bien". Le déficit public et la dette du pays devraient toutefois s'aggraver. Par ailleurs, Christine Lagarde a plaidé pour une meilleure coopération de l'action publique sur les marchés.

Christine Lagarde veut de nouveau rassurer. Dans un contexte économique international marqué par une possible récession aux Etats-Unis, la ministre de l'Economie a réaffirmé ce mercredi que la France résistait à la crise financière internationale et que son "économie réelle se porte plutôt bien".

Lors d'une conférence de presse, la ministre a ainsi mis en avant les "trois records historiques" de 2007, avec un taux de chômage ramené à son plus bas niveau depuis 1983 (7,5% au dernier trimestre), les 328.000 créations d'emplois enregistrées l'an dernier et le rythme des créations d'entreprises (321.000).

Une bonne tendance qui se retrouve en ce début 2008, selon elle, citant le rebond de la consommation des ménages en février (+1,2% par rapport à janvier), les créations d'entreprise (30.000 en février) et le moral des industriels, en hausse en mars. "J'attends demain (jeudi) avec optimisme les nouveaux chiffres du chômage" de l'ANPE, a-t-elle ajouté.

Ces déclarations interviennent toutefois alors que le gouvernement a annoncé la semaine dernière qu'il allait revoir à la baisse ses prévisions de croissance pour 2008. Christine Lagarde a ainsi confirmé les estimations données cette semaine par François Fillon, d'une progression du PIB comprise entre 1,7% et 2%.

"Cela paraît un chiffre raisonnable compte tenu des incertitudes internationales et des bonnes performances de l'économie française", a-t-elle commenté, soulignant toutefois que le consensus des économistes était de 1,6%.

Mais, malgré cette révision, la ministre de l'Economie reste sur la même ligne et affirme que la croissance française résiste. "La qualité de la supervision, et la solidité du système financier français nous permettent de bien résister aux tensions actuelles sur les marchés financiers", estime-t-elle. Pointant toutefois les risques : la volatilité actuelle des taux de change et la faiblesse du dollar.

Le ralentissement de la croissance française aura toutefois une première conséquence : celle d'aggraver le déficit public. "La révision de notre taux de croissance nous amènera à revoir notre prévisionnel de déficit des administrations publiques" pour 2007, qui doit être publié vendredi, a ainsi indiqué Christine Lagarde. Celui-ci devrait être "légèrement supérieur" à 2,4% du PIB initialement prévu.

Autre mauvais point: la dette de la France sera un peu supérieure à ce qui était prévu dans le programme de stabilisation négocié avec la Commission européenne. "Je n'ai pas encore le chiffre précis sur le désendettement, je suppose qu'il sera très légèrement supérieur à celui qui était initialement prévu dans le programme de stabilisation", a indiqué la ministre de l'Economie.

Pas de quoi cependant empêcher le gouvernement de poursuivre ses réformes. "Le cap est maintenu, le rythme des réformes ira plutôt accélérant que ralentissant", assure Christine Lagarde.

Sur le plan international, la ministre de l'Economie a également plaidé pour une meilleure coopération entre les superviseurs et les banques centrales. Cette position sera notamment défendue par lorsqu'elle présidera l'Union européenne début juillet.

"En présidence de l'Union européenne, la France, au G7, lors des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, va insister fortement pour qu'il y ait une meilleure coordination des superviseurs (et) une meilleure coordination - je note qu'elle a été bonne jusqu'à maintenait - entre la Fed et la BCE et la Banque du Japon", a-t-elle déclaré.

La ministre a également souhaité "que nous fassions ensemble les efforts nécessaires pour mieux réguler le système de l'évaluation des risques, de la comptabilisation des risques", ajoutant : "il ne faudra pas nous épargner un certain nombre de débats sur un certain nombre de principes comptables, notamment le mark-to-market".

Enfin, dans l'actualité business, la ministre de l'Economie a indiqué "ne pas avoir de plan" pour le groupe nucléaire Areva, répondant aux spéculations circulant sur une possible réorganisation de la filière nucléaire française qui pourrait passer notamment par un rapprochement d'Areva avec Alstom ou Bouygues.

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