Christine Boutin veut clarifier le 1% logement

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Dans une interview accordée au Parisien, la ministre du Logement annonce qu'elle va présenter un projet de loi destiné à rendre plus transparent le fonctionnement du mécanisme du 1% logement. La ministre s'interroge sur la véritable utilisation des fonds collectés par ce dispositif géré paritairement par le patronat et les syndicats.

La ministre du Logement et de la Ville, Christine Boutin, veut réformer le dispositif du 1% logement. Dans une interview accordée au Parisien-Aujourd'hui en France de ce mercredi, elle annonce qu'elle présentera à la fin du mois un projet de loi sur le logement dans lequel "nous aborderons l'évolution du 1% logement".

Ce dispositif, qui permet au patronat et aux syndicats de gérer paritairement plusieurs milliards d'euros destinés à aider les salariés à se loger, est l'objet de vives critiques quant à son mode de fonctionnement et de gestion.

Pour autant, la ministre n'entend pas supprimer le 1% logement, ce qui serait selon elle "une erreur majeure", qui "freinerait toute la politique du logement en France".

En revanche, elle estime qu'il faut "réexaminer l'emploi des fonds, regarder de près quelle est leur destination. Ce qui semble aujourd'hui un peu obscur. On ne peut pas laisser les choses en l'état".

Pour Christine Boutin, la priorité est de "trouver des règles du jeu plus transparentes". La ministre ne serait ainsi "pas hostile à l'instauration d'un contrôle parlementaire".

La ministre ne remet pas en cause le principe même de la gestion paritaire du 1% logement, mais affirme qu'il "faut certainement simplifier le fonctionnement de cette organisation". Cela dit, souligne-t-elle fortement, "ce qui m'intéresse davantage, c'est de savoir où va cet argent, comment il est utilisé et si véritablement il répond" aux objectifs fixés.

Les propos de Christine Boutin font échos aux nombreuses critiques qui sont fréquemment formulées, et ce depuis de nombreuses années, sur le 1% logement. Ce dernier fait partie, comme entre autres ceux de la formation professionnelle, des très nombreux organismes paritaires - gérés, donc, conjointement par les syndicats et le patronat - qui sont soupçonnés de pratiques critiquables: en vrac, gestion laxiste, dépenses somptuaires, utilisation des fonds pour des objets différents de leur mission officielle, voire subventions occultes au fonctionnement des organisations patronales et syndicales.

Dans son enquête publiée ce matin, Le Parisien s'intéresse par exemple à Aliance, quatrième collecteur de France du 1% logement, chez qui les syndicats ont lancé une procédure d'alerte mettant en cause le choix d'un siège parisien extrêmement coûteux, une croissance très forte des frais de déplacement et de réception, certains honoraires, etc...Le quotidien relève également les honoraires considérables que se verseraient certaines administrateurs d'organismes collecteurs.

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