Le financement du plan pour les banlieues se fera par "redéploiement" de crédits

Le gouvernement ne dégagera aucune dépense supplémentaire pour ce plan qui doit bénéficer à 215 quartiers défavorisés en France. Sa mise en oeuvre sera compensée par la baisse de certaines dépenses publiques.

Le gouvernement n'a pas chiffré le montant du plan Espoir-Banlieues annoncé le 8 février par Nicolas Sarkozy. Même si la secrétaire d'Etat à la Ville, Fadela Amara, affirme qu'"au total au moins 1 milliard d'euros sera consacré au plan", rien n'est moins sûr. Le Premier ministre, qui a lancé vendredi la mise en oeuvre de cet ensemble de mesures destiné à améliorer la vie des habitants de 215 quartiers défavorisés sur le territoire, n'a pas confirmé cette enveloppe.

"Il n'y aura pas d'augmentation en volume des dépenses publiques, donc tout ce qu'on fait on le fait par redéploiement en baissant les dépenses de certaines politiques publiques, en baissant les dépenses de certains ministères", a expliqué François Fillon à l'issue du Comité interministériel des villes et du développement social urbain.

Concernant l'évaluation du coût du plan, le Premier ministre a seulement renvoyé au chiffrage donné en février par le président de la république, à savoir un prélèvement de 500 millions d'euros sur l'enveloppe transports du Grenelle de l'environnement afin de désenclaver les quartiers.

Selon Fadela Amara, 250 millions d'euros seront consacrés à la mise en oeuvre des "contrats autonomie", mesure phare du plan. Il s'agit d'un accompagnement individualisé à la recherche d'un emploi, avec l'objectif de 45.000 jeunes en emploi dans les trois ans.

Par ailleurs, 200 millions d'euros doivent être alloués au volet éducation du plan. Il prévoit la création d'internats de réussite, l'accès de 5% des lycéens issus des quartiers sensibles aux classes préparatoires et des transports scolaires facilitant la mixité sociale pour des élèves de CM1 et CM2. Concernant la sécurité, 4.000 policiers supplémentaires vont être recrutés pour être affectés au sein d'unités territoriales de quartiers.

Le PS a qualifié ce plan d'"ensemble de mesurettes sans vision ni financement". Pour la FSU, principal syndicat dans la Fonction publique, le plan "n'est pas de nature à produire l'effort indispensable pour réduire véritablement les inégalités par une action cohérente et durable".

Trois projets pour désenclaver la banlieue parisienne
Le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, a annoncé vendredi trois projets spécifiques de transports en Ile-de-France pour désenclaver la banlieue dans le cadre d'un protocole d'accord Etat-région. Le tramway T4 vers Clichy-sous-Bois et Montfermeil, la tangentielle Nord (partie nord d'une rocade ferrée de la moyenne couronne) et le "tram-train" Massy-Evry bénéficieront d'un effort de l'Etat de 220 millions d'euros. Selon le service de presse du Premier ministre et l'entourage de la secrétaire d'Etat à la Ville, Fadela Amara, un quatrième projet a également été validé dans cette enveloppe, celui de la liaison RER D/ RER A. Un projet de protocole d'accord entre l'Etat, la région Ile-de-France et le STIF (transports urbains d'Ile-de-France), qui mobilise 40 millions d'euros pour améliorer immédiatement la desserte des quartiers par des transports publics déjà existants, a également été adopté. Un appel à projet doté de 260 millions d'euros pour désenclaver les 152 quartiers prioritaires hors Ile-de-France va par ailleurs être lancé.

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