Face au ralentissement, DSK prône des mesures budgétaires pour épauler la politique monétaire

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"Un stimulant budgétaire opportun et ciblé pourrait contribuer à favoriser la demande dans le sens d'un soutien à la consommation des ménages, durant une phase critique", affirme ainsi le patron du FMI dans le Financial Times. "La première ligne de défense reste la politique monétaire", reconnaît-il toutefois.

Face au ralentissement économique mondial, confirmé par le Fonds monétaire international (FMI) mardi, les gouvernements devraient cibler des mesures budgétaires pour soutenir la demande et pas seulement s'en remettre à des baisses de taux d'intérêt, estime le directeur général du Fonds, Dominique Strauss-Kahn (DSK), dans le Financial Times de ce mercredi. Alors que les yeux sont braqués sur la Réserve fédérale américaine (Fed), qui pourrait baisser ses taux ce mercredi, pour la deuxième fois en dix jours, il écrit ainsi que les baisses de taux d'intérêt sont importantes mais qu'elles pourraient avoir perdu un peu de leur effet d'entraînement dans la crise actuelle.

"Un stimulant budgétaire opportun et ciblé pourrait contribuer à favoriser la demande dans le sens d'un soutien à la consommation des ménages, durant une phase critique", affirme ainsi le patron du FMI. "Une politique budgétaire à moyen terme consiste à mettre de côté pour des jours de pluie. Il pleut maintenant".

Développant des arguments pour une politique budgétaire contra-cyclique déjà avancés au Forum économique de Davos le week-end dernier, DSK juge une baisse de taux d'intérêt appropriée, tant que les anticipations inflationnistes restent maîtrisées. "La première ligne de défense reste la politique monétaire", estime-t-il. Mais il ajoute que la politique monétaire n'est peut-être pas suffisante car le mécanisme de transmission pourrait bien être "abîmé".

"Alors que baisser les taux d'intérêt reste efficace, cela pourrait ne pas fonctionner pour stimuler l'investissement et la consommation aussi vite que d'habitude", écrit l'ancien ministre. "Les banques ont souffert de pertes de capitaux substantielles et veulent donc consolider leurs bilans et éviter de prendre des risques supplémentaires", ajoute-t-il, expliquant que des actifs normalement peu risqués comme des gros prêts immobiliers ("jumbo") américains sont désormais jugés très risqués et que ce phénomène pourrait diminuer l'impact de baisses de taux à court terme.

Le patron du Fonds estime également que de nombreux pays pourraient avoir du mal à contrer rapidement le ralentissement économique, les ménages étant contraints d'épargner plus sur leurs revenus, après s'en être remis à la croissance de l'immobilier et de la Bourse, qui n'est plus d'actualité. Un mélange de mesures budgétaires et monétaires vaudrait ainsi selon lui la peine d'être envisagé.

Pour DSK, l'ampleur de mesures budgétaires de soutien appropriées devrait varier selon les pays. Ceux "qui ont une marge de manoeuvre budgétaire et monétaire devraient étudier maintenant ce qui nécessiterait un stimulant budgétaire temporaire, pouvant si nécessaire être déployé rapidement, à mesure que les événements se développent en 2008 (...) Bien sûr, il y a des risques à utiliser cette politique budgétaire. Mais ne rien faire accentue le risque de très mauvais résultats", ajoute DSK.

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