Le pessimisme gagne les patrons européens

La dernière livraison du baromètre "Business Monitor", publié par notre confrère allemand Handelsblatt, indique un tassement sensible des attentes en matière de conjoncture et de marche des affaires pour la seconde partie de l'année. 2009 devrait s'inscrire dans la même tendance.

Si le moral des chefs d'entreprises de six pays européens (Allemagne, Autriche, France, Grande-Bretagne, Italie, Suisse) culminait au plus haut il y a un an, le tassement perceptible fin 2007 dans le baromètre" Business Monitor" s'amplifie à la fin du mois de juin 2008. Parmi les 1.170 patrons d'entreprises de plus de 500 salariés interrogés, ils sont 38% à penser que la conjoncture ne va pas s'améliorer au second semestre.

Les allemands sont les plus pessimistes en étant 60% à prévoir une dégradation, alors que seulement 34% des britanniques, 25% des français et 21% des italiens sont du même d'avis. Un bon quart de l'échantillon pense par ailleurs que les conditions vont rester aussi mauvaises, ce qui laisse seulement une minorité du côté des optimistes: 33% notamment en France où l'on se dit que les choses vont rester aussi bonnes ou s'améliorer.

2009 ne s'annonce pas sous de bons auspices. La moyenne des six pays interrogés pense à 35% que l'économie va se comporter l'an prochain légèrement ou sensiblement moins bien qu'en 2008. S'agissant de la marche de leurs propres affaires, les patrons allemands et autrichiens sont les moins optimistes (respectivement 31% et 30%), tandis que 59% des italiens croient à un regain d'activité.

La poussée de fièvre du pétrole est jugée par 43% de l'échantillon comme un facteur freinant leur activité. Dans ce chiffre, 15% voient même un frein "très élevé".

Le retournement de tendance pour le moral des patrons est surtout perçu dans les pays où un changement politique est récemment intervenu. Les managers britanniques émettent une opinion radicalement différente depuis la passation de pouvoir de Tony Blair à Gordon Brown. Un recul de 47 points des opinions favorables sur la place économique est constaté, pour tomber à 35%, tandis que les insatisfaits culminent à 62% (+50 points). Le changement politique en Italie n'apporte pas de vent d'optimisme, car 70% estiment encore la situation de manière négative, tandis que la France est partagée entre les opinions positives à 46%, et 49% qui sont d'un avis contraire.

A propos des perspectives de leur place économique respective, les managers allemands pensent à 59% qu'elles vont s'améliorer, contre 55% en Italie, 39% en France et seulement 25% en Grande-Bretagne.

Ce climat qui verse dans le pessimisme pèse sur l'indicateur de créations nettes d'emploi. La différence entre les intentions d'embauches et de réduction d'effectifs ressort à +12, redescendant ainsi au niveau de fin 2005. L'an dernier, l'indicateur affichait encore +31, ce qui n'indique rien de bon pour la courbe de l'emploi en Europe. L'Allemagne s'en sort relativement bien avec +20, deux fois mieux que la France (+10) alors que la Grande-Bretagne s'effondre (+1).

Du côté des investissements, une tendance à la baisse est aussi remarquée. Avec un solde oscillant entre +22 et + 29, les intentions de dépenser du capital fixe l'emportent toutefois encore largement sur les désinvestissements.

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