Accord à Doha pour une sortie de crise au Liban

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Le général chrétien Michel Sleimane devrait être élu très vite comme président de l'Etat libanais. Les parties s'engagent à ne plus utiliser les armes.

Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, a salué ce mercredi l'accord sur une sortie de crise au Liban conclu au Qatar, qui constitue, selon lui, "une étape essentielle dans la restauration complète de l'unité, de la stabilité et de l'indépendance du Liban". Une déclaration qui intervient alors que les dirigeants libanais et les médiateurs de la Ligue arabe ont entamé, à Doha (Qatar), la cérémonie de signature de l'accord destiné à mettre fin à la crise politique ayant paralysé les institutions du Liban.

Le président du parlement libanais, le chiite Nabih Berri, a annoncé que le chef des armées, le général chrétien Michel Sleimane, serait élu président dans la semaine, permettant ainsi de remplir un poste laissé vacant depuis novembre. Le nouveau président sera élu "dans les 24 heures", a de son côté précisé le Premier ministre qatari, cheikh Hamad ben Jassem Al-Thani.

Nabih Berri a par ailleurs annoncé le démantèlement à partir de mercredi des campements de manifestants installés depuis fin 2006 par le Hezbollah dans le centre de Beyrouth. Ces campements avaient pour but de faire pression sur le gouvernement dirigé par le sunnite Fouad Siniora et de paralyser son action.

Par ailleurs, l'accord "interdit le recours aux armes et à la violence dans tout conflit, quels que soient les conflits ou les circonstances", a aussi précisé le Premier ministre qatari. Une allusion directe au Hezbollah qui n'a jamais hésité à utiliser son armement, très important et sans cesse renouvelé contrairement aux accords antérieurs, pour imposer ses vues, comme il l'a fait début mai en prenant le contrôle du secteur ouest de Beyrouth, fief des sunnites, et en bloquant l'aéroport de la capitale pendant plusieurs jours.

Le Hezbollah a toujours justifié son armement en sa qualité d'organisation de "résistance" face à l'agresseur israélien. Mais Israël a quitté le Liban-sud depuis belle lurette et, depuis la guerre de l'été 2006, c'est une force internationale de l'ONU qui occupe la zone tampon entre le Liban et l'Etat hébreu. Depuis, comme au début mai, le Hezbollah n'a pas hésité à retourner ses armes contre les autres communautés libanaises. Ce point capital de l'accord signé à Doha apparaît ainsi comme très théorique.

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