La folie de l'or noir crève l'écran à la Berlinale

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Au festival international du film de Berlin, la passionnante histoire d'un ouvrier californien devenu magnat du pétrole au début du XXè siècle a récolté l'unanimité de la critique. Le festival donne par ailleurs une large place aux destins brisés d'enfants.

La naissance du capitalisme ravageur au début du XXè siècle dans l'ouest américain, voilà le prétexte d'un film faisant figure d'un des favoris pour l'ours d'or de la 58è Berlinale. "There Will be Blood", du cinéaste américain Paul Thomas Anderson, dépeint dans l'ouest sauvage américain l'ascension puis la décadence d'un ouvrier chercheur d'or et d'argent, Daniel Plainview, forant de façon artisanale au péril de sa vie, et qui va se tourner de façon accidentelle vers le pétrole. Il va vite devenir un magnat de l'or noir en se servant de son sens inouï des affaires, avec l'aide de son jeune fils à la figure d'ange qu'il présente comme son associé.

Repérant les bons endroits où forer avant la concurrence, il va exproprier un à un des fermiers naïfs, ignorant qu'ils dorment sur un océan souterrain de pétrole. Va néanmoins se dresser sur sa route un pasteur illuminé de Dieu mais tout aussi avide d'argent, Eli Sunday. Ce dernier va contraindre le chercheur de pétrole à faire acte de contrition en public avant de se faire baptiser. Plainview s'exécutera pour s'assurer le droit de faire passer un pipe-line sur une parcelle. Il se vengera plus tard d'Eli de façon cruelle.

Déjà nominé huit fois aux prochains Oscars américains, le film comptant pour figure principale l'acteur britannique (naturalisé Irlandais) Daniel Day-Lewis, pourrait bien faire chavirer le jury du festival présidé par Costa Gavras. Il sort en salle en France le 27 février.

Le festival est par ailleurs marqué par plusieurs films montrant des enfants victimes de drames les plus atroces. Dans "Julia", un des trois films français en compétition que l'on doit à Erick Zonca, une femme en pleine dépendance alcoolique va enlever un enfant de neuf ans en espérant toucher une rançon de son grand-père milliardaire et ainsi refaire sa vie. Sa cavale la mènera de Californie puis au Mexique, où l'enfant va une nouvelle fois être kidnappé par un gang. La fin du film laisse cependant un peu d'espoir.

Dans un film plus éprouvant encore, "Gardens of the night", une fillette de huit ans, est enlevée sur le chemin de l'école par deux pédophiles. L'un des deux malfaiteurs se fait appeler "oncle" et fait croire à l'enfant que ses parents ne veulent plus la voir. Elle se retrouve séquestrée avec un autre petit garçon noir. On retrouve les deux êtes devenus adolescents et menant une vie sans domicile fixe, dérivant entre la prostitution et la drogue. Leslie sera ramenée un moment chez ses parents, mais fuguera la première nuit venue pour tenter de retrouver son compagnon de captivité dont elle a perdu trace.

Le thème des enfants maltraités va encore se décliner cette semaine avec "Heart of fire" de Luigi Falorni, montré jeudi, où est évoquée la tragédie vécue par les enfants soldats en Erythrée.

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