Les autres films de la semaine
La Tribune
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"Redacted"
Une précision tout d'abord: "redacted" signifie éditer, rendre propre à la publication. Le terme est souvent utilisé pour décrire des documents ou des images desquels toute information sensible a été effacée, notamment les informations personnelles (ou passibles de poursuites) qui ont été supprimées ou censurées.
Se basant sur un fait réel survenu pendant la guerre en Irak, le réalisateur Brian de Palma reconstitue le quotidien de l'occupation américaine et les "bavures" qu'elle entraîne. Avec sa virtuosité coutumière, le réalisteur du "Dahlia noir" a tourné des images de statuts divers - journaux intimes en vidéo, documentaires, images de vidéosurveillance, témoignages en ligne, blogs... - pour retracer une journée de carnage dans un poste de contrôle à l'entrée de la ville de Samarra.
Un petit groupe de marines survoltés et pris de boisson (dont un élève d'une école de cinéma qui filme ses camarades) viole une jeune fille avant de brûler son corps et de massacrer sa famille. La succession des points de vue permet de confronter l'expérience de ces jeunes hommes sous pression, de journalistes et collaborateurs des médias avec ceux de la communauté irakienne locale qui a révélé les crimes et obtenu l'ouverture de procédures judicaires. Bref, de Palma montre tout ce que la télé ne montre pas. Son film, quoique pas toujours lisible dans ses intentions, est un véritable choc.
N.T.
"La famille Savage"
Deux acteurs épatants constituent le principal attrait de ce film de l'Américaine Tamara Jenkins. Laura Linney joue Wendy, intérimaire en attendant de percer comme dramaturge, et Philip Seymour Hoffman son frère Jon, prof d'université spécialiste de Brecht. Elle vit à New York, lui à Buffalo, tous deux en célibataires dépressifs, le plus loin possible de leur vieux père autoritaire qui coule une retraite dorée dans un état du sud. Mais la santé mentale déclinante de celui-ci les oblige à sortir de leurs vies et à envisager un placement du paternel plus acariâtre que jamais. Ils vont vivre quelque temps ensemble, additionnant leur déprime et leur fiasco affectifs mutuels. Un film non dépourvu d'humour, à la tonalité fortement dépressive.
N.T.
"Bienvenue chez les ch'tis"
Sorti d'abord dans le Nord avant d'être visible la semaine prochaine sur tous les écrans de France, c'est le deuxième film de Dany Boon qui endosse de nouveau sa panoplie de réalisateur-acteur avec pour mission de modifier l'image de sa région natale. Il conte l'histoire de Philippe Abrams (Kad Merad), directeur d'un centre postal du Sud, qui rêve sans succès d'être muté sur la Côte d'Azur. Seule solution: la fraude. Mais lorsque celle-ci est découverte, la sanction est sans appel. Il devra déménager pour Bergues, dans le Nord-Pas de Calais. Immédiatement, les clichés pleuvent: le froid glacial, les habitants frustes et alcooliques, les mines... Mais une fois sur place, il découvre une réalité bien différente. Malgré un schéma trop classique et des débordements sentimentalistes pesants, "Bienvenue chez les ch'tis" s'avère une comédie plaisante, surtout lorsqu'elle s'autorise des sorties de pistes dans l'autodérision franchement assumée.
O. L. F.
"L'état du monde"
Dans le cadre de son cinquantième anniversaire, la Fondation Gulbelkian, sise à Lisbonne, a complété son forum culturel "L'état du monde" avec une commande de films courts d'environ 15 minutes à six réalisateurs de pays différents. Chacun de ces auteurs de cinéma réputés exigeants montre une vision très personnelle de l'état de la planète. Ainsi Chantal Akerman a réalisé un film sur la "Tombée de la nuit à Shanghai" avec la sarabande d'images publicitaires qui s'allume de toutes parts dans la ville, jusque sur les bateaux et les façades des gratte-ciel.
N.T.
La Tribune