Répression chinoise au Tibet : les protestations montent, un boycott des JO est évoqué

Le bilan des morts et blessés ne cesse de s'alourdir. Le pays n'avait pas connu de telles émeutes depuis 1989.

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Alors que les autorités en exil du Tibet dénoncent la répression chinoise qui s'est abattue depuis quelques jours sur le pays qui aurait fait plusieurs dizaines voire plusieurs centaines de morts et de blessés soit les plus graves émeutes depuis 1989, la situation sur place parait loin d'être calmée. Des mouvements paraissent même s'étendre. Des émeutes ont éclaté ainsi dimanche dans une province chinoise voisine du Tibet, le Sichuan.

Deux cents manifestants tibétains y auraient lancé des cocktails Molotov et incendié un commissariat, des véhicules de la police et des pompiers, un marché et des habitations. Les forces de sécurité ont tiré des gaz lacrymogènes pour et procédé à des arrestations.

Selon l'ONG (organisation non gouvernementale) Centre tibétain pour les droits de l'homme et la démocratie, les 2.800 moines de la lamasserie d'Amdo Ngba Kirti, dans le comté d'Aba au Sichuan, auraient hissé le drapeau tibétain et scandé des slogans en faveur de l'indépendance du Tibet, après les prières du matin. Les forces chinoises auraient alors donné l'assaut au monastère.

Dimanche, l'armée chinoise a bouclé Lhassa, capitale de la région autonome du Tibet. La cité est désormais interdite aux journalistes étrangers non pourvus d'un sauf-conduit et aux touristes. Le calme est revenu dans la ville, selon l'agence officielle Chine Nouvelle qui véhicule traditionnellement la propagande de Pékin. Les touristes qui ont pu témoigner parlent au contraire d'une situation extrêmement tendue.

Signe de la tension persistante, les autorités chinoises ont déclaré ce dimanche une "guerre populaire" contre le soutien dont jouit le dalaï-lama au Tibet. Ce dernier a riposté - si l'on peut dire pour ce partisan du pacificisme - par une conférence de presse, également ce dimanche, pour demander qu'une enquête soit ouverte afin de déterminer si un génocide culturel était en cours au Tibet.

En outre, a-t-il dit, la communauté internationale a le "devoir moral" de rappeler à la Chine qu'elle devait être un bon organisateur des Jeux olympiques; il a estimé toutefois que Pékin méritait d'accueillir ces jeux, cet été. Un avis que ne partagent pas nombre d'observateurs notamment en Europe où des voix se sont élevées, de politiques, de sportifs, pour s'interroger sur un éventuel boycott des JO.

Sur la planète, les grandes nations s'inquiètent, du voisin indien au Japon en passant par l'Europe ou l'Australie qui appellent au calme et au dialogue et expriment leurs inquiétudes face à ces violences. La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a demandé au gouvernement chinois de faire preuve de retenue et a exprimé sa vive préoccupation.

Wen Jiabao réélu Premier ministre à Pékin
L'Assemblée nationale populaire (parlement chinois) a réélu ce dimanche Wen Jiabao au poste de Premier ministre, par 2.926 voix pour, 21 contre et 12 abstentions. Les généraux Xu Caihou et Guo Boxiong de l'Armée populaire de libération ont été élus vice-présidents de l'influente Commission militaire centrale. Un journal de Hong Kong avait écrit que Xi Jinping, représentant de la jeune génération au sein du PCC, le parti communiste chinois, serait le troisième vice-président de cette commission, mais sa candidature n'a pas été soumise au vote dimanche. De quoi remettre en doute les pronostics de ceux qui le voit succéder un jour au président Hu Jintao, chef à la fois du PCC et des armées. Le parlement a également entériné la nomination de Wang Shengjun comme président de la Cour suprême et de Cao Jianming comme procureur en chef de la république. Ce lundi, le parlement doit entériner la nomination de cinq vice-Premiers ministres, de quatre Conseillers de l'Etat (membres du Conseil des Affaires de l'Etat) et de divers ministres. Li Keqiang, proche du président Hu Jintao, devrait devenir premier vice-Premier ministre, et devrait être amené à succéder à Wen Jiabao comme Premier ministre en 2013.

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