La négociation sur la pénibilité au travail va à l'échec

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Le député UMP Jean-Frédéric Poisson a été récemment chargé d'un rapport sur le sujet qu'il doit rendre "en avril", soit "avant le rendez-vous prévu par le gouvernement sur les retraites". La négociation sur la pénibilité au travail, démarrée en février 2005, s'est enlisée.

Tout aura été tenté pour que les partenaires sociaux parviennent à un accord interprofessionnel sur la pénibilité au travail. D'abord, les pouvoirs publics leur ont laissé le temps de négocier: patronat et syndicats ont commencé à lerus discussions il y a près de trois ans, en février 2005.

Ensuite, au vu des positions très éloignées des deux parties, le gouvernement a fourni aux partenaires sociaux un groupe d'experts de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) afin de les aider à parvenir à un compromis. Cette négociation est une disposition de la loi d'août 2003 sur les retraites, sachant que le dernier accord interprofessionnel sur les conditions de travail date en France de 1975.

Pourtant, près de trois ans et quatorze réunions après le début de cette négociation, les discussions sont au point mort. La dernière rencontre paritaire mercredi 23 janvier a même constitué une reculade du point de vue des syndicats. Ceux-ci ont en effet été stupéfaits d'entendre la délégation patronale nier tout lien direct entre l'espérance de vie et les conditions de travail.

Pourtant, de nombreuses études scientifiques établissent une corrélation entre conditions de travail et santé physique et mentale. La dernière, publiée mardi par l'Institut national des études démographiques (INED), estime que l'espérance de vie des cadres supérieurs est de quatre ans supérieure à la moyenne et de six ans supérieure à celle des ouvriers.

Alors que les syndicats souhaitent la mise en place de dispositifs de départs en retraite anticipés financés par les entreprises pour les salariés qui ont subi des conditions de travail pénibles, en fonction de critères à arrêter, le patronat propose des cessations progressives d'activité à temps partiel, et encore après avis du médecin du travail et d'une commission qui devront décider s'"il faut alléger la charge de travail" de ces salariés.

Au Technocentre de Renault à Guyancourt (Yvelines), ou trois salariés se sont suicidés en deux ans, dont deux ont été reconnus comme accidents du travail, 30% des salariés sont "sous tension", selon le rapport final d'expertise commandé par le CHSCT. Le document constate que "de nombreux salariés sont contraints d'effectuer une quantité excessive de travail pour répondre aux prescriptions".

Certains syndicats, dont la CGT, soupçonnent en fait le patronat de jouer la montre dans cette négociation afin de renvoyer la question de la réparation de la pénibilité au rendez-vous gouvernemental sur les retraites, prévu au printemps. Dans ce cas, le patronat ferait des concessions sur la pénibilité mais en échange d'un nouvel allongement de la durée du travail des salariés.

Le député UMP Jean-Frédéric Poisson a été récemment chargé d'un rapport justement sur la pénibilité au travail dont la date de rendu est en avril, soit "avant le rendez-vous prévu par le gouvernement sur les retraites", a indiqué son entourage à l'AFP. De quoi conforter les syndicats dans la concomitence du traitement des deux sujets.

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