Wall Street dans le rouge après les propos de Bernanke et les inquiétudes sur FGIC

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L'indice Dow Jones a perdu jeudi 175,26 points, soit 1,40%, à 12.376,98 points. Le S&P-500 a lâché 18,35 points, soit 1,34%, à 1.348,86, et le Nasdaq Composite a reculé de son côté de 41,39 points (-1,74%) à 2.332,34.

Wall Street a effacé jeudi l'essentiel des gains accumulés la veille, sous le double coup des propos prudents de Ben Bernanke, président de la Fed, sur les perspectives de croissance aux Etats-Unis et de la dégradation par Moody's de la note du rehausseur de crédit FGIC. Les investisseurs avaient pourtant repris espoir mercredi sur la résistance de l'économie américaine après la publication de ventes au détail pour le mois de janvier meilleures que prévu, mais les déclarations de Ben Bernanke sont venus leur rappeler que l'embellie n'était pas pour tout de suite.

Avec la décision de Moody's, FGIC est devenu le premier des trois principaux rehausseurs de crédit américains à avoir perdu sa note "AAA" auprès des trois grandes agences de notation (Moody's, S&P et Fitch). Les spécialistes craignent que, si les trois géants du secteur - MBIA, Ambac et FGIC, devenus des acteurs principaux dans la crise du "subprime" - perdent leur note "AAA", les quelque 2.500 milliards de dettes assurés par les rehausseurs soient également dégradés, ce qui pourrait déclencher un mouvement de vente massif et déstabiliser encore davantage les marchés du crédit.

Après avoir gagné 1,45% lors de la séance précédente, l'indice Dow Jones a accentué ses pertes après l'annonce Moody's pour céder au bout du compte 175,26 points, soit 1,40% à 12.376,98 points. Le S&P-500, plus large, a perdu 18,35 points, soit 1,34%, à 1.348,86 et le Nasdaq Composite a reculé de son côté de 41,39 points (-1,74%) à 2.332,34. Les valeurs technologiques ont pesé sur la cote après que Goldman Sachs a annoncé avoir retiré Intel, numéro un mondial des semi-conducteurs, de liste de valeurs recommandées et que deux intermédiaires ont abaissé leurs objectifs de cours sur le fabricant de puces graphiques Nvidia.

Le secteur financier a également souffert à la suite des déclarations de Ben Bernanke, qui pense que les banques d'affaires devront passer d'autres dépréciations d'actifs liées aux "subprime". Le président de la Réserve fédérale a déclaré que la banque centrale ferait le nécessaire pour soutenir l'économie américaine, tout en estimant que la croissance, notamment grâce aux mesures fiscales et monétaires, devrait rebondir au cours de l'année. Ben Bernanke, lors de son audition devant la commission bancaire du Sénat, a toutefois brossé un sombre tableau sur le court terme, disant que la Fed devait revoir en baisse ses prévisions de croissance.

"On ne peut pas dire que les commentaires de Ben Bernanke aient été bien inspirés. Il n'a rien dit ni suggéré au sujet d'une baisse des taux. Cela en a peut-être fait réfléchir plus d'un", a jugé Kevin Kruszenski (KeyBanc Capital Markets), cité par Reuters.

Intel a terminé en baisse de 3,54% à 20,46 dollars, et Nvidia a chuté de 16,32% à 22,61 dollars. L'indice pour les semi-conducteurs de la Bourse de Philadelphie a de son côté perdu 2,81%.

Goldman Sachs a reculé de 2,01% à 176,56 dollars, après que Lehman Brothers a abaissé son objectif de cours sur la banque. L'intermédiaire, faisant echo aux propos du président de la Fed, a également dit s'attendre à de futures dépréciations significatives liées à la crise des "subprime". Le sentiment de malaise qui prévaut dans le compartiment financier a été accentué par le fait qu'UBS a fait état d'une exposition de 27,59 milliards de dollars au marché des "subprime", ces prêts immobiliers accordés à des emprunteurs offrant peu de garanties de solvabilité.

La hausse des cours du brut, provoquée par des indicateurs macroéconomiques américains, japonais et européens jugés plus rassurants que prévu pour la croissance et donc pour la demande pétrolière, a pesé sur l'ensemble de la cote mais a profité aux valeurs du secteur. Occidental Petroleum , l'une des plus fortes hausses du S&P, a progressé de 2,28% à 71,73 dollars, Chevron de 0,88% à 82,84 dollars. ExxonMobil, pris dans une bataille juridique avec le Venezuela, est resté stable (+0,07%) à 85,55 dollars.

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