Grande inquiétude sur les marchés face aux suites de la crise financière

Après la chute du CAC 40 hier et le recul du Dow Jones à Wall Street, la Bourse de Tokyo recule, au plus bas depuis un mois. Le secteur financier est plus que jamais sur la sellette. Goldman Sachs revoit en forte baisse les prévisions de bénéfices de cinq grandes banques américaines.

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La crise des "subprimes" est donc loin d'être finie. Les marchés boursiers en sont convaincus qui s'inquiètent depuis quelques jours des faiblesses persistantes des banques et autres établissements financiers. Cessions d'actifs en urgence, obligation de rembourser des obligations ARS ("auction rate securities") pour des milliards de dollars, difficultés persistantes des grands spécialistes des prêts immobiliers Fannie Mae et Freddie Mac, les problèmes sont loin d'être réglés. Alors que les grandes banques américaines ont déjà perdu environ 300 milliards de dollars depuis l'éclatement de la crise du "subprime" à l'été 2007.

Du coup, les places américaines sont restées dans le rouge mardi après avoir débuté la semaine en nette baisse, plombées par les valeurs financières. Le Dow Jones a perdu 1,14% à 11.349 points, le Nasdaq a reculé de 1,35% à 2.384 points et le S&P 500 a cédé 0,93% à 1.267 points.

A Paris, le CAC 40 a perdu 2,61%, plongeont fortement sous la barre des 4400 points à 4332,79. Le secteur financier est fragilisé avec des points noirs spécifiques comme Natixis voire Dexia.

Ce mercredi matin, la Bourse de Tokyo a limité la casse mais avec un recul de 0,1% à 12.851,69 points, elle reste au plus bas depuis un mois, sous les 13.000 points. Les valeurs financières ont continué à souffrir.

Et pour ne pas calmer les inquiétudes, la banque d'affaires Goldman Sachs - qui a plutôt mieux résisté que ses concurrentes à cette crise - vient de revoir en forte baisse ses estimations de résultats pour cinq grandes banques américaines au troisième trimestre qui devrait marquer le quatrième trimestre consécutif de pertes: Citigroup, JP Morgan, Morgan Stanley, Merrill Lynch et Lehman Brothers. Elles risquent de devoir passer de nouvelles dépréciations d'actifs en raison de la crise financière et du problème des remboursements forcés - pour éviter de spectaculaires procès - des ARS, ces produits financiers vendus massivement à leurs clients avec la promesse d'une grande liquidité s'étant retrouvés impossibles à revendre en raison de la crise.

Lehman Brothers annoncerait une perte par action de 2,75 dollars au 3ème trimestre contre un bénéfice (BPA) de 0,68 dollar prévu précédemment et annoncerait 3,4 milliards de dépréciations d'actifs. Citigroup serait tout juste à l'équilibre contre un bénéfice de 17 cents aujourd'hui prévu et subirait des dépréciations supplémentaires de 4,4 milliards, dont une charge de 600 millions pour l'accord sur les ARS. Le bénéfice par action de JPMorgan attendu à 64 cents ne se situerait qu'à 40 cents avec des dépréciations de 1,6 milliard de dollars, dont une charge de 425 millions pour les ARS. Merrill Lynch attendu en perte de 4,4 dollars par action la verrait atteindre 4,75 dollars avec 6,9 milliards de dépréciations d'actifs. Le profit par titre de Morgan Stanley ressortirait à 85 cents contre 1,1 dollar prévu en raison de 1,1 milliard de dollars de dépréciations d'actifs supplémentaires.

Selon Goldman Sachs, sur l'ensemble de 2008, Citigroup sera en perte non de 1,1 mais de 1,3 dollar par action, Lehman Brothers non de 2,1 mais de 9,65 dollars, Merrill Lynch de 10,25 contre 10,10 dollars prévus. Les bénéfices par action de JPMorgan ressortiraient non à 2,6 mais à 2,3 dollars par titre et Morgan Stanley à 4,45 contre 4,80 dollars attendus.

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