Les films de la semaine

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Peu de films sortent sur les écrans ce mercredi d'ouverture du Festival de Cannes. Nous en avons relevé cinq qui méritent le détour.

"Et puis les touristes ..."
Sur un sujet très délicat - la mémoire d'Auschwitz - le jeune réalisateur allemand Robert Thalheim signe un film remarquable de sensibilité et de finesse, basé sur sa propre expérience. Il conte les difficultés d'un jeune allemand, Sven, qui a choisi d'effectuer son service civil, et qui est envoyé, à sa grande surprise, dans la section pédagogique du camp d'Auschwitz (devenue Oswiecim après la guerre). Le jeune homme a pour mission de s'occuper d'un survivant, Stanislas, ancien détenu politique polonais du camp où il est resté pour fonder le musée, et vit dans l'ancienne kommandantur. Malade, irascible, refusant toute aide de l'Allemand, le vieillard témoigne dans les écoles et les institutions, et restaure avec minutie, mais en employant des méthodes désuètes, des valises de déportés confisquées aux Juifs dès leur arrivée dans le camp et exposées dans le musée. Choqué par l'afflux de touristes qui visitent le camp et puis s'en vont, Sven doit en outre endurer les lubies du vieillard dont il la charge, sans parler de la rancoeur des Polonais de la petite ville attenante contre les Allemands, tenus pour redevables des atrocités commises par les nazis. Sven doit faire preuve de résistance pour tenir le coup. Il n'en manque pas.
N. T.

"Enfances"
Six jeunes réalisateurs ont eu la bonne idée de mettre en scène dans des courts métrages un épisode singulier de l'enfance de six grands réalisateurs, moment décisif qui leur aura permis d'affirmer leur personnalité et d'influencer leur univers créatif. Parmi les plus réussis, le film d'Isild Le Besco sur Orson Welles, enfant surdoué capable de réciter des tirades de Shakespeare. Lorsque sa mère est frappée d'une maladie mortelle, le petit Orson se persuade qu'elle ne mourra pas s'il ne la quitte pas des yeux... Ou encore le film de Corinne Garfin sur Alfred Hitchcock. Enfant, il collectionnait les photographies dédicacées des stars du théâtre qu'il allait admirer avec ses parents. Jusqu'à ce que sa mère, catholique sévère, les brûle toutes quand le garçon est reconnu coupable d'avoir "sali ses draps"...
N. T.

"Sous les bombes"
Le franco-libanais Philippe Aractingi signe une fiction très réaliste, située au Liban pendant la guerre lancée par Israël en juillet 2006. Une jeune mère, Zeina, arrive au port de Beyrouth le jour du cessez-le-feu. Elle cherche à joindre le sud du Liban où elle a envoyé son fils en vacances chez sa soeur. Sans nouvelles d'eux depuis le début des bombardements, elle se ronge d'inquiétude. A force de recherches, elle finit par trouver un chauffeur de taxi qui accepte de la conduire dans le sud. C'est un chrétien qui exige un gros pourboire pour la mener dans cette zone hypersensible. Mais peu à peu ils se lient de complicité et font cause commune pour retrouver le garçon, dont certaines sources pensent qu'il est réfugié dans un monastère. Un film touchant sur les victimes innocentes d'un conflit dont elles ne sont pas partie prenante.
N. T.

"On the Rumba River"
Ne pas se fier au titre, "On the rumba river". Le film de Jacques Sarasin, auteur d'un documentaire remarqué sur le chanteur malien Boubacar Traoré ("Je chanterai pour toi"), n'est pas un documentaire musical. De "Buena Vista", ode à la musique cubaine, "On the rumba river" partage la trame, avec comme personnage central un musicien "historique". Idole de la musique congolaise dès 1948, Wendo Kolosoy est considéré comme le fondateur de la rumba congolaise. A travers son parcours personnel, Jacques Sarasin traite de l'évolution du Congo ex-belge et de la situation actuelle en République Démocratique du Congo, en butte à la famine et aux sanglants conflits interethniques (4 millions de morts). "Nous avons obtenu l'indépendance mais nous ne faisons que nous entretuer. Quelle immense tristesse", témoigne Wendo Kolosoy, observant les épaves flottantes sur le fleuve Congo. Et pourtant, Papa Wendo continue de chanter en lingala - langue tout en miel où des mots français et belges apparaissent de ci de là - cette rumba qui porte l'espoir. Un documentaire sensible qui donne matière à réfléchir sans nostalgie ni voyeurisme.
J.L. L.

"Ken - L'ère de Raoh"
Le nom de "Ken, le survivant" rappellera certainement des souvenirs aux trentenaires d'aujourd'hui. A cause de son extrême violence, cette série - un manga animé - avait suscité une énorme polémique lors de sa diffusion télévisée en France dans les années 80. Le personnage fait désormais l'objet d'une trilogie pour le grand écran, qui reprend les grands moments de la série. L'histoire de ce premier volet se résume à un affrontement entre guerriers pour le contrôle d'un monde dévasté par une guerre nucléaire. La violence graphique a été en grande partie gommée, les interminables soliloques niaiseux se sont eux multipliés. Ennuyeux, ce long-métrage animé n'aura même pas le mérite de raviver une petite flamme nostalgique.
O. L. F.

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