Fraude : l'Allemagne prête à partager les renseignements obtenus au Liechtenstein

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Le ministère des Finances allemand annonce qu'il répondra aux demandes des pays avec lesquels il existe des accords de coopération judiciaire ou fiscale. Selon le Financial Times de lundi, Londres aurait acquis des informations sur une centaine de Britanniques auprès de l'informateur à l'origine du scandale dévoilé en Allemagne.

L'enquête sur la gigantesque fraude fiscale révélée il y a dix jours outre-Rhin va-t-elle franchir les frontières de la République fédérale? L'Allemagne va en tout cas faire profiter d'autres pays des informations recueillies grâce à un informateur au Liechtenstein, et qui concernent aussi des ressortissants étrangers, a annoncé ce lundi un porte-parole du ministère allemand des Finances.

Berlin aurait déjà eu des demandes en provenance de Finlande, de Suède et de Norvège à cet effet, a rapporté de son côté le quotidien Handelsblatt. Sans nommer de pays, le porte-parole du ministère des Finances a confirmé que l'Allemagne était prête à partager ses informations avec les Etats avec lesquels elle avait des accords de coopération juridique. "Nous allons répondre aux demandes dans ce sens", a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse.

Un porte-parole de l'autorité fiscale suédoise Skatteverket n'a pas souhaité faire de commentaires sur une éventuelle demande adressée à Berlin, mais "nous coopérons très bien avec les autres pays", a-t-il expliqué à l'AFP. D'autres pays s'attendent à être informés directement par l'Allemagne si leurs citoyens sont concernés, en vertu d'accords de coopération des administrations fiscales. C'est le cas des Pays-Bas: si des Néerlandais sont impliqués, "nous nous attendons à ce que leurs données nous soient transmises", a ainsi expliqué à l'AFP Jan-Erik van der Werff, porte-parole du ministère des Finances.

Même chose en Autriche. "Nous obtiendrons ces données de toute façon", a indiqué le porte-parole du ministère des Finances, Harald Waiglein, précisant que la procédure pouvait prendre un certain temps. Mais "je ne pense pas que beaucoup d'Autrichiens soient concernés, car le régime fiscal en Autriche est beaucoup plus favorable" qu'en Allemagne, a-t-il ajouté.

Berlin a reconnu récemment que ses services secrets avaient versé, avec l'aval du gouvernement, entre 4 et 5 millions d'euros à un informateur pour acquérir des données bancaires venues du Liechtenstein. Ces informations ont permis à la justice allemande de lancer une vaste enquête sur des fraudeurs du fisc, parmi lesquels des personnalités connues, dont le patron de la Deutsche Post, qui a démissionné depuis de son poste.

Selon le quotidien Financial Times de lundi, le Royaume-Uni aurait pour sa part acquis des informations sur une centaine de riches Britanniques directement auprès de l'informateur à l'origine du scandale, pour quelque 100.000 livres (133.000 euros). Le ministère allemand des Finances n'a pour sa part pas été en contact avec le Royaume-Uni à ce sujet, a déclaré son porte-parole.

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