Carlsberg et Heineken avalent le britannique Scottish & Newcastle pour 10,5 milliards d'euros

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Après avoir refusé trois offres jugées insuffisantes, le brasseur britannique Scottish & Newcastle, propriétaire en France de Kronenbourg, vient d'accepter d'être racheté par le Danois Carlsberg et le Néerlandais Heineken pour 7,8 milliards de livres (10,5 milliards d'euros), soit 800 pence par action.

La concentration dans le secteur brassicole européen vient de marquer une nouvelle étape. Le brasseur britannique Scottish & Newcastle, propriétaire en France de Kronenbourg, a accepté d'être racheté par le Danois Carlsberg et le Néerlandais Heineken pour 7,8 milliards de livres (10,5 milliards d'euros). Ces derniers proposent 800 pence par action Scottish & Newcastle.

Après avoir rejeté trois offres d'achat de la part de ses concurrents Carlsberg et Heineken, le brasseur britannique - numéro un dans son pays et sixième sur l'échiquier mondial - avait finalement accepté le 17 janvier d'entreprendre des discussions après le relèvement à 800 pence par action de la proposition du Danois et du Néerlandais.

Pourtant, S&N avait laissé entendre que sa juste valeur est de l'ordre de 810 pence par action, soit 23 fois son bénéfice par action estimé pour 2008. Un ratio de valorisation particulièrement élevé au regard de ce qui se pratique avec d'autres acteurs comme Inbev, dont le ratio cours sur bénéfice attendu est de 18.

Carlsberg héritera de Kronenbourg ainsi que des activité grecques, chinoises et vietnamiennes de S&N. Surtout, il emporte la lucrative deuxième moitié de BBH, sa coentreprise avec S&N en Russie. Heineken prendra les activités britanniques, irlandaises, portugaises, finlandaises, belges, américaines et indiennes. La séparation du groupe sera faite "le plus vite possible et en tout cas dans les douze mois" suivant la réalisation effective de la fusion, prévue au deuxième trimestre.

Le directeur général de Carlsberg, Joergen Buhl Rasmussen, a indiqué vendredi que son groupe allait ainsi connaître la plus forte croissance du monde dans le secteur, témoignant de sa confiance dans la poursuite de l'expansion du marché est-européen, même si le groupe doit à court terme affronter un coût de matières premières en hausse et une concurrence accrue.

Avec Kronenbourg en France, Carlsberg met la main sur le premier brasseur national, qui a réalisé en 2006 un chiffre d'affaire de 860 millions d'euros pour un bénéfice de 71 millions d'euros, avec une part de marché de 35% en 2006. Joergen Buhl Rasmussen a révélé que l'extension d'une journée de la période d'offre, qui avait fait craindre au marché jeudi que la transaction ne capote, était due à la complexité de l'accord et non à une mésentente sur le prix. Ces doutes avaient faire reculer Scottish & Newcastle de plus de 8% en matinée, avant que le titre se reprenne.

Carlsberg paiera la plus grosse part du prix, 54,5%. Outre les divers marchés internationaux qu'il récupère, Heineken de son côté s'arroge avec le Royaume-Uni le plus gros morceau de l'activité de S&N. En 2006, le Royaume-Uni seul a représenté 45% des 4,155 milliards de livres de chiffre d'affaires de S&N, la part dans BBH 17,4% et le reste des opérations internationales 37,7%.

Le directeur général de Heineken, Jean-François van Boxmeer, a estimé que l'acquisition de S&N donnerait à son groupe "un leadership incontestable en Europe". Carlsberg estime les synergies à 126 millions de livres d'ici à la troisième année (100 millions pour BBH, 26 millions en France et en Grèce), et Heineken à 120 millions de livres d'ici à la quatrième année.

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