Le président italien hésite entre nouvelles élections et gouvernement de transition

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Mis en minorité au Sénat, Romano Prodi a démissionné jeudi de ses fonctions de chef du gouvernement. En embuscade, le chef de file de la droite, Silvio Berlusconi, plaide pour des élections anticipées pour lesquelles il est donné favori. Le président italien a le choix entre la nomination d'un gouvernement de transition et la convocation des électeurs pour un nouveau scrutin.

C'est fini pour le président du Conseil italien Romano Prodi. Après avoir perdu jeudi soir le vote de confiance au Sénat par 161 voix contre 156, il a remis au président Giorgio Napolitano la démission de son gouvernement, le 61ème de l'après-guerre, après vingt mois au pouvoir. Le président Napolitano a chargé Romano Prodi de rester en fonctions dans l'immédiat, afin de gérer les affaires courantes.

"Maintenant, il faut que nous nous rendions aux urnes. Nous allons dire ce que nous avons l'intention de faire pendant les cent premiers jours de notre gouvernement", a déclaré aussitôt l'ancien président du Conseil Silvio Berlusconi, chef de file d'une droite que les sondages donnent en tête devant la gauche en cas de nouvelles élections. Les sénateurs de droite ont sablé le champagne pour fêter la chute de Prodi, et se sont attirés une remontrance du président du Sénat, Franco Marini, qui leur a lancé: "jetez cette bouteille, vous n'êtes pas dans un bar ici!"

N'étant pas obligé d'organiser tout de suite des législatives, Giorgio Napolitano pourrait nommer tout d'abord un gouvernement de transition qui aurait pour mission de réformer le système électoral actuel. Il va entamer dès ce vendredi des consultations auprès des chefs de partis, des dirigeants du parlement et d'anciens présidents, pour voir s'il peut rassembler suffisamment de forces politiques au sein d'un gouvernement de transition, que dirigerait une personnalité politique ou un technicien.

En avril 2006, lors des précédentes législatives, la coalition de gauche de Prodi, constituée de neuf partis (allant des communistes aux centristes catholiques de gauche), avait obtenu une très courte majorité de seulement deux voix au Sénat. C'est cette majorité ténue qui a chancelé pour de bon, jeudi soir, comme on s'y attendait après le retrait de la coalition du parti centriste catholique Udeur (trois sièges à la chambre haute), dont le représentant au gouvernement, le ministre de la Justice, Clemente Mastella, a récemment démissionné en raison de son implication dans une affaire de corruption.

Après le retrait de l'Udeur de la coalition, Romano Prodi avait sollicité la confiance des deux chambres et avait écarté mercredi le conseil du président Napolitano l'invitant à démissionner pour échapper à la censure. "Il va perdre le vote de confiance mais il tombera avec les honneurs d'un soldat qui s'est battu jusqu'au bout", avait dit de Prodi le sénateur Roberto Calderoli, membre de la Ligue du Nord et détracteur parmi les plus acerbes du chef du gouvernement.

Devant le Sénat, jeudi, Romano Prodi avait plaidé sa cause, argumentant que "le pays a plus que jamais besoin d'être gouverné. L'Italie a besoin de continuité (...) et ne peut se permettre une vacance du pouvoir (...) L'Italie risque d'être plongée dans un cycle économique négatif auquel nous devrons faire face avec des structures économiques imparfaites".

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