Gaz et nucléaire : gros contrats pour la Russie, nouvelle donne pour la Bulgarie

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La Russie et la Bulgarie ont signé ce vendredi deux gros contrats concernant la construction d'une centrale nucléaire et d'un gazoduc, au cours de la visite officielle du président russe, Vladimir Poutine. La construction de la centrale nucléaire, d'un montant de 4 milliards d'euros, sera confiée à Atomstroyexport. Le gazoduc sera un tronçon du South Stream, ouvrage russo-italien, reliant Russie et Italie en passant sous la mer Noire.

La visite du président russe, Vladimir Poutine, en Bulgarie ce vendredi aura porté ses fruits. La signature de deux contrats pour la construction d'une centrale nucléaire et d'un gazoduc, d'un montant total de 5,4 milliards d'euros, permet aux deux pays de renforcer leur poids dans l'échiquier européen de l'énergie.

La centrale nucléaire sera construite sur le site de Béléné, sur le Danube, pour un montant de 4 milliards d'euros. Le groupe russe Atomstroyexport aura la charge de la réalisation du projet, sa première dans un pays de l'Union européenne. Atomstroyexport installera des réacteurs de type VVR à eau préssurisée et un nouveaux modèle inédit en Europe, le V-466, déjà en cours de construction en Inde et en Chine.

Le consortium franco-allemand Areva-Siemens se verra confier la fourniture des équipements de sécurité, des systèmes de contrôle et de gestion, des systèmes électriques, et des éléments des systèmes de chauffage et de ventilation.

Le début de la production d'électricité est prévu en 2013, pour une exploitation de soixante ans. Le coût de production sera compris entre 0,036 et 0,037 centimes d'euro le kilowatt-heure (hors retraitement). La Compagnie nationale d'électricité bulgare détiendra 51% des parts de la future centrale, et cherche "un investisseur stratégique" pour les 49% restants.

Si la signature pour la construction de la centrale nucléaire était attendue - la Commission européenne avait donné en décembre son accord pour deux réacteurs de 1.000 megawatts chacun -, un contrat surprise est venu se glisser dans la visite officielle de Vladimir Poutine.

Le gazoduc russo-italien South Stream, devant relier la Russie à l'Europe en passant sous la mer Noire, fera un bout de chemin en Bulgarie. La réalisation totale de l'ouvrage est estimée à 10 milliards d'euros, et le tronçon bulgare devrait coûter 1,4 milliard. Selon Petar Dimitrov, ministre bulgare de l'Economie et de l'Energie, la quantité de gaz russe transitant par la Bulgarie passera de 17 milliards de mètres cubes par an actuellement, à 47 milliards.

La Bulgarie se replace donc sur un secteur qui longtemps fut un de ces atouts. En effet, la Bulgarie a été un grand exportateur d'énergie vers les Balkans, avec 8 milliards de kilowatts-heure, jusqu'en 2006. Mais les négociations d'adhésions à l'Union européenne l'avait contraint à la fermeture partielle de la centrale atomique de Kozlodoui, pour raisons de sécurité, réduisant fortement sa production. Alors que ses exportations ont été interrompues en ce début d'année, elle veut revenir sur le devant de la scène énergétique.

Part ailleurs, la Bulgarie participe à un autre projet de gazoduc, celui de l'Union européenne. Baptisé Nabuco, il doit relier la mer Caspienne à l'Europe sans passer par la Russie. L'Union européenne, dont le quart de la consommation de gaz provient de Russie, cherche ainsi à diversifier son approvisionnement.

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