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Nicolas Sarkozy plaide pour la poursuite des réformes

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Publié le 25 avril 2008 à 01:20 - Mis à jour le 24 octobre 2008 à 19:03

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Interrogé à la télévision un an après son élection, le chef de l'Etat s'est livré à une défense de son action et de sa politique de réforme. Il a notamment annoncé le dépôt d'un texte en faveur de l'intéressement, afin de stimuler le pouvoir d'achat. Il s'est prononcé en faveur de sanctions contre les chômeurs refusant des emplois et a réfuté toute régularisation globale des sans papiers.

Interrogé sur la déception des Français après un an de présidence, marqué par l'échec de sa promesse de "choc de confiance" qui devait créer de la croissance, Nicolas Sarkozy a mis en avant les difficultés de la conjoncture économique récente, marquée par l'envolée des prix de l'énergie et des matières premières, la crise des subprimes, l'envolée de l'euro. Ce dernier "est à un niveau invraisemblable", a-t-il souligné. "La France a à faire face à un quadruple choc et ce que j'en tire comme conclusion (...) c'est que ce choc-là nous fait une nécessité des réformes, des changements et des adaptations".

Les grandes surfaces plus chères en France qu'ailleurs

Dans ces conditions, les Français se plaignent de la hausse des prix. Mais, a-t-il affirmé, "les prix n'augmentent pas d'hier, ils ont augmenté au moment de l'euro". En outre, a-t-il affirmé avec force, "les prix ont davantage augmenté en France" que dans la plupart des autres pays d'Europe. "Ce n'est pas normal", a-t-il lancé avec force, affirmant que les prix augmentent davantage dans les grandes surfaces françaises que chez leurs homologues ailleurs en Europe.

Les prix ont augmenté "pas seulement à cause de la hausse des matières premières" mais "parce qu'il n'y a pas assez de concurrence", a ajouté M. Sarkozy. Le secrétaire d'Etat à l'Industrie Luc Chatel et la ministre de l'Economie Christine Lagarde "présenteront au mois de juin un texte qui va permettre de répondre aux négociations entre les fournisseurs et les grandes surfaces", a annoncé le président Sarkozy.

"Le problème de la France, c'est qu'on ne travaille pas assez et par conséquent on n'a pas assez de croissance et pas assez de pouvoir d'achat", a-t-il poursuivi.

Texte de loi sur l'intéressement

"Les salaires en France sont trop bas, les charges sont trop hautes. On ne peut pas se livrer à une hausse généralisée des salaires pour une raison assez simple c'est qu'il ne faut pas tuer la compétitivité des entreprises, a-t-il lancé. Mais quand on voit des entreprises qui font des milliards d'euros de profit et où le mot négociations salariales est banni, je comprends que les gens ne soient pas contents et ce n'est pas acceptable."

Le président de la République a d'ailleurs annoncé que, pour remédier à cette insuffisance de pouvoir d'achat, le Premier ministre déposera un texte dans les 15 jours sur l'intéressement. "Il y a des entreprises qui font des profits et c'est tant mieux, des profits souvent considérables et c'est tant mieux", a affirmé M. Sarkozy, "il faut que chaque salarié puisse en profiter".

"Les entreprises de moins de 50 salariés ne sont pas obligées en France de faire la participation ou l'intéressement, désormais une entreprise qui distribuera une partie de ses bénéfices à ses salariés paiera moins d'impôts sur les bénéfices", a-t-il poursuivi. "Il faut qu'un tiers des profits aille aux salariés, un tiers à l'investissement, un tiers aux actionnaires", a ajouté le chef de l'Etat.

Sanction pour les chômeurs

Dans un autre domaine, Nicolas Sarkozy a déclaré qu'il ne renonçait pas au Revenu de solidarité active (RSA) et affirmé qu'il voulait le généraliser. Selon lui, le RSA se fera "l'année prochaine", "en en maîtrisant les coûts" et pour "1 ou 1,5 milliard d'euros".

Abordant la question du chômage, le chef de l'Etat a affirmé que "l'on est en train de faire un système qui serait le suivant: fusionner l'ANPE avec l'Unedic pour que les demandeurs d'emploi n'aient qu'un seul interlocuteur. Au bout de trois mois, on serait obligé d'accepter un emploi qui représente 95% de son salaire, au bout de six mois, on serait obligé d'accepter un emploi à moins d'une heure de transport en commun de l'endroit". Il a rappelé avoir "demandé au gouvernement qu'il y ait un processus de sanction pour un chômeur qui refuserait deux offres d'emploi correspondant à ses qualifications et ses aspirations", parce qu'"il n'y a pas de société où l'on a des droits sans avoir des devoirs", a exposé le chef de l'Etat.

Le président de la République a réitéré la position gouvernementale sur les travailleurs sans papiers, affirmant qu'il n'y aurait "pas de régularisation globale", car cela conduirait "à la catastrophe". "Ca conduit à un appel d'air qui profite aux trafiquants, on fait la politique des trafiquants", a-t-il ajouté. "On ne devient pas français parce qu'on travaille dans la cuisine d'un restaurant, aussi sympathique soit-il", a poursuivi le président en suggérant aux patrons en manque de main d'oeuvre d'embaucher parmi les immigrés sans emploi en situation régulière. "Il y a 22% de chômeurs chez les immigrés réguliers", a-t-il souligné.

Travailler plus longtemps pour les retraites

Nicolas Sarkozy a affirmé que "si l'on ne veut pas baisser les retraites ou augmenter les cotisations, il faut travailler et cotiser plus longtemps". Le chef de l'Etat a rappelé que dans le texte de la réforme Fillon des retraites de 2003 "il est prévu 41 ans à horizon de 2012 sauf s'il y a un fait nouveau". "Or, il n'y en a pas", selon lui. "Mon travail c'est de prendre des décisions difficiles, je suis là pour assumer avec un minimum de courage ce qui aurait dû être fait et ne l'a pas été", a-t-il ajouté.

"Il faut payer les retraites et il y a trois façons de trouver l'argent. Première option que je ferme, diminuer les retraites car les retraites sont déjà très basses. Deuxième façon, on augmente les cotisations, et je m'y refuse", a déclaré M. Sarkozy. "Augmenter les cotisations, cela veut dire alourdir le coût du travail en France, pousser à la délocalisation", a-t-il argué.

M. Sarkozy a aussi évoqué "le scandale de la mise en retraite de ce qu'on appelle les seniors". "J'ai demandé que dorénavant on puisse cumuler sa retraite liquidée avec le salaire d'un emploi, parce que nous avons besoin que davantage de Français travaillent", a-t-il dit. Il a aussi confirmé son intention d'interdire les mises à la retraite d'office à 65 ans.

Cap sur les réformes dans l'Education nationale

Nicolas Sarkozy, interrogé sur le mouvement lycéen lié aux suppressions de postes d'enseignants, a déclaré qu'il "maintenait les réformes qui permettront les réductions" d'effectifs. "Vous me dites que les enseignants sont malheureux, vous avez raison. La politique qui a consisté à l'embauche systématique sans bien rémunérer ne les a pas rendus heureux", a ajouté le président. "S'il suffisait d'embaucher des enseignants pour avoir la meilleure éducation nationale, ça se saurait", a-t-il encore dit.

"Sur les 25 dernières années, il y a eu 18 manifestations lycéennes qui ont en général conduit à ce que tous les ministres de l'Education successifs, avec un grand courage, ont dit +eh bien puisque les lycéens sont dans la rue, on renonce+, ils ne devaient pas avoir beaucoup de conviction", a affirmé Nicolas Sarkozy.

"J'ai fait des erreurs"

Nicolas Sarkozy a assuré jeudi soir au début de son interview télévisée qu'il "s'était préparé aux déceptions, problèmes et difficultés" qu'il rencontre aujourd'hui. "Qu'il y ait de la déception, qu'il y ait des attentes, qu'il y ait des problèmes, qu'il y ait des difficultés, non seulement je le sais, je l'entends mais je m'y étais préparé", a déclaré le chef de l'Etat.

"Depuis 20-25 ans, la France était endormie. Le monde change, le monde a changé et la France quels que soient les efforts méritoires des gouvernements de gauche comme de droite, ne s'est pas adaptée au même rythme que les autres", a-t-il ajouté. "On a un contexte international difficile, raison de plus pour accélérer les réformes", a poursuivi M. Sarkozy.

Interrogé sur les sondages qui lui sont défavorables, le chef de l'Etat a répondu: "sans doute je n'ai pas assez expliqué, sans doute moi-même j'ai fait des erreurs". Comme on lui faisait observer que les Français sont "déconcertés", il a estimé: s'ils le sont, "j'en ai une part de responsabilité".

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