Grand Theft Auto IV : lancement très stratégique pour l'éditeur Take-Two

C'est parti! "Grand Theft Auto IV" le dernier "blockbuster" des jeux vidéo vient de débarquer. Promis comme le jeu de l'année, il est pour son éditeur, l'américain Take-Two, un moyen de pression face à son prédateur Electronic Arts qui cherche à le racheter.

C'est un véritable événement planétaire dans le monde des jeux vidéo. "Grand Theft Auto IV" est lancé depuis minuit ce mardi aux Etats-Unis, mais aussi en France. Des fans fébriles puisque ce jeu était initialement attendu au mois d'octobre dernier. Mais des problèmes techniques auraient, dit-on, retardé son lancement.

Les accros de ce type de jeu d'aventure, développé par le studio Rockstar Games et édité par son propriétaire, l'américain Take-Two, ont donc dû patienter six mois de plus, le temps pour eux éventuellement de s'équiper avec les consoles adéquates (PS3 de Sony ou Xbox 360 de Microsoft).

Un jeu d'aventure qui sort du lot. A plus d'un titre d'ailleurs. Cette nouvelle version propose en effet un mode "multijoueurs" en ligne qui permet une grande interactivité. D'autre part, il fait partie de la catégorie des jeux "ouverts"; c'est-à-dire que c'est le joueur qui créée son propre scénario. Le joueur va ainsi incarner Niko Bellic, un immigré d'Europe de l'Est, qui décide de quitter un passé obscur pour rejoindre son cousin à Liberty City, ville imaginaire américaine largement inspirée de New York.

Propriétaire d'une compagnie de taxi, le cousin cumule les dettes et Niko se rend compte que le rêve américain n'est pas aussi rose qu'on le lui vantait. Par ailleurs, il recherche une personne en lien avec son passé. Et c'est dans cette quête que tout est permis. Le héros évolue alors dans un environnement très nettement interlope. Le jeu, interdit aux moins de 18 ans en France (et moins de 17 aux Etats-Unis), contient des scènes de sang, de violence intense sans parler du sexe et de la drogue également très présents. Mais, se défendent les créateurs, le joueur n'est pas obligé de plonger dans ces excès. Non bien sûr, mais c'est justement ce qui les attire....

400 millions de dollars de chiffre d'affaires en une semaine

Toujours est-il que quelques 9 millions d'exemplaires de "Grand Theft Auto IV" devraient s'écouler rien qu'en une semaine et générer ainsi 400 millions de dollars de chiffre d'affaires! Un chiffre vertigineux encore supérieur au dernier succès de l'année, "Halo 3" (Microsoft). Un chiffre que l'on compare désormais aussi aux films du box-office américain puisqu'à titre d'exemple, "Pirates des Caraïbes: jusqu'au bout du monde" détient le record de recettes récoltées après seulement une semaine d'exploitation, soit 404 millions de dollars!

Des recettes qui répondent aussi à des coûts de développement de plus en plus élevés pour rendre le jeu presque aussi réaliste qu'un film. C'est le cas de GTA IV, tout en haute définition et dont le graphisme, très précis, rend les décors et les personnages très réalistes. Les budgets de fabrication d'un jeu vidéo sont ainsi estimés entre 12 et 18 millions d'euros pour un titre destiné à être porté sur les consoles PS3 et XBox 360.

Quid de la valorisation de Take-Two face à Electronic Arts?

Ce succès ne fait qu'apporter de l'eau au moulin de Take-Two. Car si les ventes de GTA IV sont à la hauteur des estimations, l'éditeur n'en aura que plus de valeur. Un moyen de faire monter les enchères face à son concurrent Electronic Arts qui cherche toujours à lui mettre la main dessus pour 2 milliards de dollars. Et l'arme de Take-Two était justement la sortie de son best seller; d'où son intérêt de jouer la montre face à un Electronic Arts plus pressé forcément. La sortie de GTA IV passée, Take-Two acceptera sans doute cette fois de s'asseoir à la table des discussions. Mais pour l'heure, l'offre de rachat courre jusqu'au 16 mai.

Cette "guerre" sévit dans un secteur en pleine concentration dont la croissance a atteint plus de 40% en 2007. Et les acteurs de ce secteur cherchent à se renforcer et se positionner, à l'instar d' Electronic Arts qui veut garder non seulement son leadership mais distancier plus confortablement ses challengers, à commencer par Vivendi Games qui le talonne de très près grâce à l'acquisition récente d'Activision. Ce n'est pas tout, Electronic Arts, dont l'appétit semble insatiable, détient également 20% du français Ubisoft et qui pourrait ultérieurement être une nouvelle cible. Il y a aussi le français Infogrames qui a annoncé lundi avoir déposé une "offre indicative" de rachat de son concurrent britannique SCi Entertainment, éditeur de la célèbre série Tomb Raider et de son héroïne Lara Croft. Des prédateurs et des cibles qui cette fois, n'ont rien de virtuel.

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