Airbus : grosse commande de Gulf Air mais objectifs revus à la baisse pour les ventes d'A380

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L'avionneur européen ne table plus que sur 20 commandes fermes au lieu de 30 initialement prévues pour son avion géant en 2008. Dans le même temps, il enregistre néanmoins une grosse commande pour 35 A320 et A330 de la compagnie Gulf Air. Par ailleurs, Airbus indique que la vente de l'usine allemande de Laupheim devrait être bientôt décidée.

La mauvaise nouvelle avait été annoncée lundi lors de l'Assemblée générale d'EADS, mais elle est confirmée ce mercredi. Airbus, la filiale du groupe européen de défense et d'aéronautique, a révisé à la baisse ses objectifs de commandes pour son avion géant A380, tablant désormais sur 20 commandes au lieu de 30 initialement prévues.

"Nous visons 20 commandes d'A380 cette année", a déclaré le directeur commercial d'Airbus, John Leahy, lors d'une conférence de presse au salon aéronautique de Berlin. "La plupart en Asie", a-t-il ajouté.

Lundi déjà, le président exécutif d'EADS, maison mère d'Airbus, Louis Gallois, avait reconnu que le rythme des prises de commandes allait "ralentir" cette année pour l'avionneur. En cause: l'envolée des prix du pétrole qui met en difficultés les compagnies aériennes.

A noter qu'à cela s'ajoutent également des nouveaux retards pour l'A380, maintenant de l'ordre de "trois à cinq mois", contre "deux à trois mois" intialement.

Une annonce qui intervient alors qu'une nouvelle commande est justement tombée ce mercredi, par la compagnie aérienne Gulf Air. Cette dernière a passé une commande ferme de 35 avions Airbus, comprenant 15 moyens-courriers A320 et 20 longs-courriers A330. Au prix catalogue, cette commande représente environ 5 milliards de dollars (3,19 milliards d'euros).

Sur un autre dossier, le patron d'Airbus, l'allemand Tom Enders, également présent ce mercredi au salon de Berlin, a indiqué que la vente de l'usine de Laupheim en Allemagne sera bientôt décidée. Cette usine fait partie, avec celle de Filton en Grande-Bretagne et celles de Socata, située à Tarbes, des usines qu'EADS n'a pas renoncé à vendre.

En raison des difficultés du marché, le groupe a en effet abandonné pour l'instant la cession des autres sites allemands de Varel, Nordenham et Augsburg, qui seront filialisés à 100% par Airbus, de même que les sites français de Méaulte et de Saint Nazaire. Ces derniers devaient être rachetés par Latécoère mais les discussions ont achoppé.

Pour ces dernières usines, Tom Enders a indiqué ce mercredi que le sort de certaines ne sera pas décidé avant quelques années, une fois que les conditions se seront améliorées.

Décidément, EADS et sa filiale Airbus ont donc du mal à mettre en place le plan de restructuration Power 8, dans lequel la cession de ces sites Airbus était intégrée. Dans un entretien à la presse à paraître demain jeudi, le président d'Airbus, Thomas Enders, a également critiqué des lenteurs en Allemagne dans l'application du plan de réduction d'emplois Power8 de l'avionneur européen.

"Nous avançons trop lentement" en Allemagne, a souligé le patron du constructeur dans l'hebdomadaire Die Zeit. Il met ces retards sur le compte du modèle de co-gestion, qui associe très étroitement les représentants syndicaux aux décisions stratégiques et qui freine la prise de décision sur le fait de savoir qui doit quitter l'entreprise.

Le plan Power 8 prévoit au total que 10.000 emplois doivent être supprimés au niveau du groupe européen d'ici 2010, dont 3.450 en Allemagne. En France, en Espagne et en Grande-Bretagne, quelque 3.000 postes dans l'administration ont déjà disparu.

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