Le pro-européen Boris Tadic réélu à la tête de la Serbie

Le président serbe sortant l'a emporté de justesse face à son rival nationaliste. Il aura à gérer la marche vers l'indépendance du Kosovo qui risque de déstabiliser encore un peu plus les Balkans.

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Le chef de l'Etat sortant, le pro-occidental Boris Tadic, a été réélu dimanche à la présidence serbe face à son rival nationaliste Tomislav Nikolic, à l'issue d'un scrutin perçu comme déterminant pour les relations futures entre la Serbie et l'Union européenne (UE). Selon la commission électorale, Boris Tadic l'a emporté par 50,5% des suffrages, et Tomislav Nikolic a reconnu rapidement sa courte défaite, alors que la participation a été élevée, atteignant près de 67% des inscrits.

Si les deux hommes s'opposent à l'indépendance du Kosovo, la perspective de l'élection de Tomislav Nikolic, du Parti radical serbe (SRS), inquiétait davantage les Occidentaux qui craignaient que ce dernier se rapproche de la Russie et compromette l'intégration de la Serbie au sein de l'UE. La Slovénie, présidente en exercice de l'UE et elle aussi ancienne république yougoslave, a salué la réélection de Tadic.

Boris Tadic semble disposé à obtenir de son peuple qu'il accepte la sécession de la province albanophone afin de ne pas hypothéquer l'avenir des relations de Belgrade avec l'UE. "Nous voulons entrer dans l'Europe, nous voulons coopérer avec le monde", a-t-il déclaré en fêtant sa victoire. "Nous voulons dire aux habitants du Kosovo que nous ne les laisserons jamais tomber. Nous devons collaborer pour réaliser le potentiel de la Serbie."

Tout au long de sa campagne, Tomislav Nikolic avait défendu un rapprochement avec Moscou, seule grande puissance qui soutient la Serbie dans sa querelle avec la majorité albanophone du Kosovo. Pour Boris Tadic, en revanche, il fallait dissocier le problème du Kosovo de la perspective de l'entrée dans l'UE.

Au Kosovo, les dirigeants de la communauté albanophone et musulmane attendaient le résultat de dimanche pour fixer la date de la proclamation unilatérale d'indépendance. Les autorités kosovares ont dit qu'en cas de victoire de Boris Tadic, elles attendraient quelques semaines, comme le souhaitait l'Union européenne. Si Tomislav Nikolic avait gagné, les Kosovars entendaient proclamer très vite leur indépendance.

Centriste et pro-occidental, Boris Tadic a conjugué pendant sa campagne rapprochement avec l'UE et intransigeance rhétorique dans le refus d'une indépendance du Kosovo. Lors de son premier mandat, il a cependant déçu les attentes des Occidentaux mais aussi de ses sympathisants. A sa décharge, ses partisans avancent son obligation de cohabiter avec le Premier ministre, Vojislav Kostunica, nationaliste modéré, et de redoubler de garanties sur son patriotisme alors que le Kosovo marche vers l'indépendance avec le soutien des Etats-Unis et de la quasi-totalité des membres de l'UE.

L'indépendance du Kosovo, si elle se confirme, risque de déstabiliser encore un peu plus les Balkans. Non viable économiquement, cette province sécessionniste, pivot de tous les trafics, est aussi le symbole de l'impuissance européenne à trouver une solution de compromis entre Serbes et Albanais kosovars.

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