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La présidente d'Areva estime que les incidents nulcéaires sont "clos"

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Publié le 21 juillet 2008 à 01:20 - Mis à jour le 24 octobre 2008 à 18:12

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"L'incident est clos" a déclaré vendredi Anne Lauvergeon, la présidente du directoire du groupe nucléaire Areva à la suite des incidents survenus sur le site nucléaire à Tricastin, puis sur la centrale de Romans-sur-Isère, deux sites exploités par Areva. Auparavant, le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo avait annoncé une remise à plat des procédures de sureté nucléaire.

"Nous avons sans doute sous-estimé l'amplitude de l'émotion. Nous avons également été surpris par la réaction médiatique", déclare Anne Lauvergeon, la présidente du directoire du groupe nucléaire Areva dans un entretien publié ce jour dans le Journal du Dimanche.

Sur le site du Tricastin exploité par le groupe qu'elle dirgie, Anne Lauvergeon a indiqué vendredi soir que pour elle, "comme pour le président du conseil général de la Drôme, Didier Guillaume, l'incident est clos". Elle a rappelé qu'un audit interne et une enquête de l'inspection générale avait été lancés pour faire la lumière sur les dysfonctionnements.

L'incident du Tricastin était "une anomalie de niveau 1 (...) sans danger pour l'homme ou l'environnement. (...) Ce type d'incident est toujours rendu public", rappelle-telle, ajoutant que dans le cas de l'usine Socatri (Romans-sur-Isère), "il y a eu deux grandes confusions".

D'abord "on a annoncé une fuite d'uranium en montrant des photos de la centrale nucléaire", ce qui a "laissé croire à une fuite venant de celle-ci", explique Anne Lauvergeon. Ensuite, "des gendarmes sont arrivés (...) avec des mégaphones pour faire sortir les baigneurs en leur demandant d'abandonner leurs affaires sur place" et conseillant à certains "d'aller à l'hôpital. Et dans le même temps, l'ASN et Areva disaient qu'il n'y avait aucun impact. Comment ne pas créer une immense confusion ?", s'interroge la patronne d'Areva.

Elle a souligné le niveau élevé de contrôles existant actuellement. "L'industrie nucléaire est la plus surveillée au monde. Nous avons 120 contrôles de l'Autorité de sûreté nucléaire par an. (...) Le système répond aux normes internationales les plus draconiennes".

Toujours est-il que ce dossier sensible dérange au plus haut point. Depuis l'annonce d'une fuite radioactive sur le site de Tricastin et un nouvel incident d'épanchement d'uranium suite à une rupture de canalisation sur le site de Romans-sur-Isère, responsables industriels et politiques s'affairent.

Du côté des politiques, on s'agite aussi. Le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, a annoncé vendredi, lors d'une conférence de presse, une remise à plat des pratiques sur la sûreté nucléaire (transparence, contrôles...), qui sera réalisée d'ici à l'automne.

"Je veux tout remettre à plat", notamment dans "les dispositifs d'information, d'analyse et de sécurité", a indiqué le ministre, assurant que tous les acteurs seront entendus: industriels, opérateurs, militaires, associations.

Le Haut Comité sur la transparence, a-t-il ajouté, devra "remettre à plat l'ensemble du système de procédures, évaluer l'ensemble des nappes phréatiques sous les installations nucléaires, faire le point sur les déchets nucléaires anciens".

Le ministre a également insisté sur la "transparence" et la "réactivité" dont doivent faire preuve les responsables d'installations nucléaires en cas de problème. Sur le site du Tricastin (Vaucluse), la société Socatri avait mis plusieurs heures à prévenir les autorités nucléaires d'un rejet d'effluents de quelque 70 kilos d'uranium naturel.

L'émotion suscitée par cet incident dépasse les clivages politiques. Ainsi, Thierry Mariani, député UMP de Vaucluse, et Pascal Terrasse, député PS de l'Ardèche, ont demandé ce vendredi dans un communiqué commun la création d'une commission d'enquête sur les "rejets gazeux et/ou liquides dans l'atmosphère suite à l'incident sur le site du Tricastin".

Cette commission d'enquête est destinée à "connaître les conditions exactes de l'incident survenu sur le site nucléaire du Tricastin, ses conséquences sanitaires, sociales, économiques et surtout écologiques". Il s'agit en outre de connaître, selon eux, "pour l'avenir, les conditions d'un meilleur système d'information et de transparence sur l'ensemble des questions de santé publique et de protection de l'environnement liés aux risques nucléaires".

De leur côté, les écologistes dénoncent un "tragique Tour de France du nucléaire", critiquant les défaillances du sytème. "A chaque fois, l'information est verrouillée par l'Autorité de sûreté du nucléaire et le politique en est réduit au rôle de commentateur sportif de ce tragique Tour de France des accidents nucléaires", relève dans un communiqué France Nature Environnement, qui fédère la plupart des associations françaises.

FNE demande un audit public et indépendant de l'ASN. Pour sa part, le réseau "Sortir du nucléaire" va encore plus loin et demande la démission d'Anne Lauvergeon.

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