Pétrole cher : Téhéran avertit des dangers d'une attaque contre lui

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"L'Iran ne resterait pas impassible et réagirait férocement" à toute action hostile des Etats-Unis ou d'Israël contre son programme nucléaire, a prévenu le ministre iranien du Pétrole.

L'Iran, quatrième exportateur mondial de pétrole, a mis en garde mercredi à Madrid contre les hausses du prix du pétrole qu'entraînerait inévitablement une attaque militaire le visant.
"L'Iran ne resterait pas impassible et réagirait férocement" à toute action hostile des Etats-Unis ou d'Israël contre son programme nucléaire, a prévenu le ministre iranien du Pétrole Gholam Hossein Nozari, au XIXe congrès du pétrole qui se tient jusqu'à jeudi dans la capitale espagnole.

"Alors que la seule mention (d'une possible attaque, ndlr) rend le marché très volatil, pouvez-vous imaginer ce qui se passerait en cas d'une quelconque action... quel serait le résultat sur le marché du pétrole?", a-t-il lancé en guise d'avertissement lors d'une conférence de presse.
Le ministre iranien a toutefois laissé entendre que l'Iran ne riposterait pas en coupant ses livraisons de brut. "L'Iran a toujours été une source fiable d'approvisionnement pour le marché et l'Iran restera toujours un fournisseur", a-t-il ajouté.

Un responsable militaire américain a répété mercredi la détermination des Etats-Unis "à contribuer à la sécurité maritime" dans le Golfe et à empêcher les Iraniens de fermer le détroit d'Ormuz, stratégique pour le transport du pétrole, comme avait menacé de le faire Téhéran.
"La sécurité maritime au Moyen-Orient est une condition sine qua non de la stabilité économique mondiale et de la prospérité régionale", a affirmé à Abou Dhabi le commandant de la Ve Flotte américaine, le vice-amiral Kevin Cosgriff.

Pendant ce temps à Madrid, le dialogue restait toujours aussi stérile entre l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et l'Agence internationale de l'énergie (AIE) qui défend les intérêts des pays industrialisés, sur les raisons de la flambée du pétrole et ses remèdes.
Le secrétaire général de l'Opep, le Libyen Abdallah el-Badri a riposté à l'AIE qui avait prédit mardi des tensions futures d'ici 2012 sur le marché en raison d'une offre déficiente.

"Avec de hauts niveaux de prix, tout le monde voudra investir" dans la production pétrolière, a-t-il déclaré à la tribune devant le gotha de l'industrie pétrolière. "Nous ne comprenons pas pourquoi nous aurions un problème d'offre", a ajouté M. el-Badri, en présence du directeur-exécutif de l'AIE, Nobuo Tanaka.

Dix jours après l'échec de la réunion de Djeddah (Arabie saoudite), convoquée pour tenter de concilier producteurs et consommateurs, ce débat a illustré le fossé séparant les deux extrémités de la chaîne pétrolière, alors que le prix du baril continue de caracoler au dessus des 140 dollars.

L'AIE parle de "3e choc pétrolier" et estime que l'offre pétrolière sera à moyen terme trop juste pour satisfaire confortablement une demande en hausse. L'Opep rétorque qu'elle ne veut pas investir massivement pour augmenter la production car elle a des craintes sur la demande à venir.

Face à ce dialogue de sourds, l'Indonésie, 4ème pays le plus peuplé du monde (224 millions d'habitants), étranglé par l'envolée du prix des carburants, a appelé les acteurs pétroliers à cesser leurs chamailleries et à négocier."Il est temps que les pays producteurs, pas seulement l'Opep et l'Arabie Saoudite mais aussi la Russie et le Venezuela, s'asseoient autour d'une table avec les nations consommatrices, avec les Etats-Unis, la Chine et l'Inde, en cessant de s'accuser et se défausser", a déclaré le président Susilo Bambang Yudhoyono depuis Djakarta. L'Indonésie, théâtre de vives protestations contre le pétrole cher, est membre de l'Opep mais quittera le cartel à la fin de l'année, car elle a cessé d'exporter et consomme toute sa production.

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