Blockbusters et films d'auteurs au Festival de Cannes

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Vingt-deux longs métrages sont en lice pour la Palme d'or au 61ème Festival international du film de Cannes, du 14 au 25 mai. De jeunes pousses venues d'Amérique latine et d'Asie notamment s'affronteront à des oeuvres d'auteurs habitués du Festival. Hors compétition, des blockbusters très attendus, comme le quatrième "Indiana Jones" et le dernier Woody Allen, avec leur cortège de stars.

Après un soixantième anniversaire fastueux et pléthorique en films en compétition (et hors d'elle), Gilles Jacob, président du festival de Cannes, avait promis une édition "resserrée". C'était compter sans le "sélectionneur" Thierry Frémaux, qui n'a pu se résigner à limiter le nombre de films choisis parmi les 1.800 livrés à sa sagacité par la production mondiale. Résultat, avec 22 films en compétition, la sélection officielle est dans la bonne moyenne des précédentes, seul le nombre de films hors-concours est en diminution.

Conforme à l'habitude également, le savant cocktail de vétérans du cinéma mondial familiers de la Croisette et de jeunes pousses en lice pour la Palme d'or. Ouvrant le bal des festivités, le Brésilien Fernando Meirelles, venu à Cannes en 2002 avec "La Cité de Dieu", propose cette fois un thriller philosophique, "Blindness", avec Julianne Moore en vedette.

D'Amérique latine également, bien représentée cette année, proviennent deux jeunes Argentins offrant chacun un portrait de femme : Lucrecia Martel, auteur de la "Cienaga", avec "La femme sans tête" et Pablo Trapero avec "Leonera". Quant au Brésilien Walter Salles, qui avait présenté un film biographique (biopic pour les initiés) sur le Che en 2004, il co-signe avec sa compagne Daniela Thomas "Linha de Passe".

Une nouvelle biographie du même Che est annoncée cette année, incarnée par Benicio Del Toro et signée de l'Américain Steven Soderbergh, Palme d'or pour "Sexe, mensonge et vidéo". Outre Soderbergh, une poignée de réalisateurs qui feront le voyage cette année ont déjà décroché une Palme d'or : le Canadien d'origine arménienne Atom Egoyan, l'Allemand Wim Wenders revenu des Etats-Unis pour tourner en Europe "The Palermo shooting", et les deux frères belges, les Dardenne - doublement palmés en 1999 et 2005 - qui briguent le grand schelem jamais atteint d'une troisième palme. Autre habitué, l'acteur-réalisateur Clint Eastwood revient, cinq ans après "Mystic River", avec "Changeling", une fresque sur l'Amérique des années 1920 où la star Angelina Jolie joue une mère éplorée après le kidnapping de son fils.

Parmi les nouveaux venus, l'Israélien Ari Folman intrigue le plus avec son documentaire d'animation - un genre inédit - sur les massacres dans les camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila, à Beyrouth en 1982. De l'Est proviennent de jeunes cinéastes porteurs de la nouvelle tendance comme le Chinois Jia Zhangke, le Philippin Brillante Mendoza, le Turc Nuri Bilge Ceylan.

Enfin, la sélection française présente son immuable trio d'auteurs : Arnaud Desplechin propose "Un conte de Noël", chronique familiale avec Catherine Deneuve et Mathieu Amalric, Laurent Cantet "Entre les murs", film sur la vie dans un collège difficile, et Philippe Garrel dirige son fils Louis dans "La frontière de l'aube". L'un d'entre eux remportera-t-il une Palme d'or qui fait défaut à la France depuis 1987 où elle fut attribuée à "Sous le soleil de Satan" de Maurice Pialat? Réponse le dimanche 25 mai au soir.

Hors compétition, les films draineront dans leur sillage leurs cortèges de stars et de paillettes, comme le dernier Woody Allen, au titre exotique de "Vicky Cristina Barcelona", avec Scarlett Johansson, Penelope Cruz et Javier Bardem, ou encore Harrison Ford et Steven Spielberg de retour vingt ans après dans les aventures du quatrième épisode d' "Indiana Jones".

L'Américain Sean Penn, président du jury

L'acteur-réalisateur américain Sean Penn préside le jury du 61e Festival de Cannes, composé à parité de quatre femmes et de quatre hommes, mêlant comédiens et réalisateurs le plus souvent familiers de la Croisette. Oscar du meilleur acteur pour "Mystic River" (2004) Sean Penn, très impliqué dans la campagne contre la guerre d'Irak, est aussi un brillant réalisateur. Son dernier "Into the Wild", sorti cet hiver, a connu un grand succès public en France. Côté féminin, il est entouré de trois actrices: l'Américano-israélienne Natalie Portman, l'Allemande d'origine roumaine Alexandra Maria Lara, la Française Jeanne Balibar, actrice fétiche du cinéma d'auteur, et d'une réalisatrice, Marjane Satrapi, auteur de bandes dessinées et co-réalisatrice avec Vincent Paronnaud de "Persepolis", film d'animation sur son enfance dans l'Iran des ayatollahs, Prix du Jury à Cannes 2007. Coté masculin, un acteur, l'Italien Sergio Castellitto, également réalisateur de "Non ti muovere", présenté à Cannes 2004 à Un Certain Regard, et trois réalisateurs, le Mexicain Alfonso Cuaron, remarqué pour "Y tu mama también", le thaïlandais Apichatpong Weerasethakul, Prix du Jury 2002 pour "Tropical Malady", et le français Rachid Bouchareb, producteur et réalisateur d'"Indigènes".

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