Belusconi promet une solution italienne pour Alitalia dans cinq semaines

Le futur chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a promis mercredi à la radio que des investisseurs italiens présenteraient une offre de reprise d'Alitalia d'ici cinq semaines.

"Après 4 à 5 semaines de +due diligence+ (examen des comptes, NDLR), un consortium d'investisseurs pourra faire une offre ferme", a déclaré M. Berlusconi sur la radio Nuova Spazio. S'il estime qu' "une douloureuse réduction du personnel sera malheureusement nécessaire", il promet l'assistance de l'Etat à ceux qui perdront leur emploi.

Silvio Berlusconi avait assuré pendant toute la campagne électorale qu'il disposait d'un groupe d'entrepreneurs italiens prêts à mettre la main au portefeuille pour sauver Alitalia, mais le projet ne s'est toujours pas concrétisé.

Silvio Berlusconi a rejeté pendant sa campagne l'offre d'Air France-KLM avant de faire une petite ouverture sous conditions envers la compagnie franco-néerlandaise juste après les élections.

Après le retrait de l'offre d'Air France KLM lundi, Silvio Berlusconi a affirmé à la radio que la rupture avec la compagnie franco-néerlandaise était due "en premier lieu au veto des syndicats" et non à des "interférences politiques comme on a voulu le faire croire". Il répondait à Romano Prodi qui avait évoqué mardi des "interférences excessives de partis politiques" pour expliquer le retrait de l'offre française.

Ce retrait risquait de précipiter la compagnie vers la faillite. Le gouvernement italien a décidé d'accorder mardi soir un crédit-relais de 300 millions d'euros à Alitalia. Le Premier ministre sortant Romano Prodi a déclaré que le montant de ce prêt avait été revu à la hausse par son successeur Silvio Berlusconi, qui voulait se donner du temps pour étudier les moyens de sauver l'entreprise. Le prêt devra être remboursé avant la fin de l'année.

La compagnie, qui perd plus de 1 million d'euros par jour, disait disposer de 170 millions d'euros dans ses caisses. Toutefois le prêt-relais risque fort de se heurter à la Commission européenne.

Elle pourrait requalifier un tel prêt en aide publique. La semaine dernière, Bruxelles a averti "qu'Alitalia ayant bénéficié du dernier versement d'aide d'État en 2001 pour sa restructuration", elle ne pourrait "en bénéficier à nouveau avant 2011".

Silvio Berlusconi a aussi évoqué une reprise des contacts avec la compagnie russe Aeroflot, qui s'était retirée en novembre de la course pour la privatisation d'Alitalia.

Aeroflot se dit certes "en attente des instructions du président Vladimir Poutine", qui, lors d'une visite à Silvio Berlusconi la semaine dernière, avait évoqué un possible partenariat de sa compagnie avec Alitalia. "Les décisions d'Aeroflot sont dictées par l'intérêt de ses investisseurs et le pragmatisme", a tempéré la compagnie russe.

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