L'amélioration de l'efficacité énergétique reste encore limitée

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Les progrès réalisés entre 1990 et 2006 dans l'utilisation d'énergie ont permis d'éviter l'émission de 10 milliards de tonnes de CO2. Une amélioration assez lente, obtenue notamment grâce aux industries des pays riches et aux ménages dans les pays en développement.

Peut-on produire autant en consommant moins d'énergie, ou faudra t-il pour lutter contre l'effet de serre émis par l'utilisation des énergies fossiles, en passer par la décroissance ? La réponse est loin d'être évidente. Ce qui est sûr, c'est que les économies du monde améliorent leur efficacité énergétique au fil du temps, selon le Conseil mondial de l'énergie (CME) dans une étude dévoilée mardi à Londres.

Mais cette amélioration est lente. Entre 1990 et 2006, l'efficacité énergétique (quantité d'énergie consommée pour chaque point de produit intérieur brut) s'est améliorée de 1,6% par an en moyenne dans le monde, selon une étude menée dans 70 pays par le Conseil mondial de l'énergie, qui fédère l'industrie énergétique dans une centaine de pays. "L'efficacité énergétique est une source majeure d'énergie", a souligné Jean Lemierre, président de la Berd, invité à la table ronde où le Conseil mondial de l'énergie présentait son rapport.

Ces 70 pays représentent 80% de la consommation mondiale d'énergie, estiment les auteurs de l'étude. Les progrès réalisés entre 1990 et 2006 dans l'utilisation d'énergie ont permis d'économiser 4,4 milliards de tonnes équivalent pétrole (tep) et d'éviter l'émission de 10 milliards de tonnes de CO2 dans l'atmosphère, assure le CME. Une quantité non négligeable mais encore très faible par rapport au total des émissions annuelles d'environ 24 milliards de tonnes de CO2 (émissions dues à la combustion des énergies fossiles seulement).

Les progrès les plus substantiels ont été assurés par la Chine, qui à elle seule a représenté 50% des gains en efficacité énergétique sur la période. Devenue le premier émetteur devant les Etats-Unis ou ex aequo avec eux, la Chine est aussi un pays où la consommation d'énergie par tête est sept fois inférieure à celle des Etats Unis. Malgré ses progrès, elle consomme encore 40% de plus d'énergie par point de PIB qu'en Europe.

Les meilleurs élèves sont les Européens, qui consomment 30% de moins d'énergie que les pays d'Amérique du Nord et trois fois moins d'énergie que la Communauté des Etats Indépendants (CEI), en queue de peloton.
Les gains en efficacité proviennent essentiellement de l'industrie dans les pays industrialisés, tandis que dans les pays en développement ils ont été observés essentiellement chez les foyers.

"L'efficacité énergétique s'améliore rapidement dans les industries très gourmandes en énergie telles que le ciment, l'acier ou le papier, du fait de la mondialisation. Les meilleurs pratiques observées dans le monde ne sont plus seulement le fait des pays les plus développés", précise par ailleurs le rapport.

Dans le secteur très consommateur d'énergie que sont les transports, l'amélioration technique des véhicules - qui tendent à consommer de moins en moins de carburant - a été gommée par d'autres facteurs, tel que l'allongement des distances parcourues ou l'engouement pour les voitures plus puissantes.

Parmi les bonnes pratiques, le CME relève la mise en place de normes de plus en plus strictes pour la construction de bâtiments en Europe et l'instauration d'étiquetages relatifs à la consommation des appareils électriques, qui a fait des émules dans le monde.

"Les programmes d'étiquetage énergétique européens ont été utilisés comme modèles au Brésil, en Tunisie, en Chine et en Iran, tandis que la Thaïlande et la Corée du Sud se sont appuyées sur le modèle australien", ont observé les auteurs de l'étude.

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