Nouvelle bataille de candidatures au PS

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La volonté de Ségolène Royal, affichée publiquement vendredi, d'être de nouveau candidate à la présidentielle de 2012 a déclenché de nouvelles hostilités au sein du Parti socialiste. L'éternel rival, Laurent Fabius, se dit ainsi prêt ce dimanche à réfléchir à sa propre candidature.

Encore du rififi au sein du Parti socialiste. Alors que les querelles et rivalités intestines s'étaient faites moins publiques ces derniers temps, l'annonce de Ségolène Royal vendredi d'être de nouveau candidate à la présidentielle de 2012 a déclenché les hostilités. Ce dimanche, c'est son grand rival Laurent Fabius qui réplique. L'ex-Premier ministre socialiste se dit ainsi prêt à "réfléchir" à sa propre candidature à l'élection présidentielle de 2012.

"Si c'est une présidence bling-bling comme c'est la mode aujourd'hui, je n'ai rien à y faire. Si on revient vers davantage de sérieux et de compétences, alors là, on peux y réfléchir", a-t-il déclaré sur Canal +.

Sans oublier de lancer quelques piques à sa rivale. Interrogé sur les propos de Ségolène Royal, qui pourrait donc être à nouveau sa concurrente pour l'investiture du PS, Laurent Fabius a répondu : "Je souhaite surtout que le Parti socialiste en général se mette en situation de gagner. La dernière fois, nous avons perdu (...) il ne faut pas s'y prendre de la même façon", a-t-il assené.

Vendredi, l'ex-candidate PS à la présidentielle avait indiqué pour la première fois qu'elle se préparait pour l'échéance présidentielle de 2012. "C'est vrai que, pour préparer une alternance dans quatre ans, parce que ça passe vite, il faut s'y prendre tôt (...) Pour cette échéance-là, ce n'est un secret pour personne que je me prépare, bien évidemment", a-t-elle indiqué sur France inter.

C'est la première fois depuis le 22 juin 2007 que l'ex-candidate à l'Elysée affiche aussi nettement ses prétentions pour la prochaine présidentielle. Ce jour-là sur France 2, elle avait qualifié de "probable" sa candidature pour 2012.

Une déclaration qui fait grincer des dents même auprès de ses proches. Ainsi Julien Dray, pourtant membre de l'équipe de campagne de Ségolène Royal lors de la dernière présidentielle, a estimé dans une interview au Journal de Dimanche, qu'il ne fallait pas "confondre les temps".

"Qu'elle ait la prétention d'être à nouveau candidate est naturel et légitime. Mais il ne faut pas confondre les temps", a-t-il affirmé, ajoutant : "N'empoisonnons pas la vie du PS avec ce qui nous a fait le plus de tort ces vingt dernières années: des compétitions permanentes entre personnes, sans véritables différences de projet".

Selon lui, "le PS a besoin de redevenir une ruche d'idées, de retrouver un esprit de famille, avant de se précipiter dans les joies des désignations individuelles".

En revanche, Ségolène Royal trouve un soutien pour le moins inattendu : celui du secrétaire d'Etat à la Prospective, Eric Besson, qui avait quitté avec fracas le Parti socialiste en pleine campagne présidentielle pour rejoindre le camp sarkozyste, sans oublier d'égratigner au passage la candidate socialiste.

Aujourd'hui, le membre du gouvernement semble être revenu à de meilleurs sentiments. Dans un entretien sur Canal +, il juge Ségolène Royal actuellement la "favorite" pour succéder à François Hollande à la tête du PS.

"Ségolène Royal s'y prend plutôt bien à l'égard des militants du Parti socialiste. Il me semble qu'elle est au départ en situation de favorite", a-t-il estimé. "Objectivement, elle a des qualités, c'est une combattante, elle a le flair, elle sent l'opinion publique et elle a une grande qualité qui est qu'elle veut quelque chose fortement. Donc, oui, ça lui donne des atouts", a-t-il ajouté.

Pour autant, Eric Besson n'est "pas devenu ségoléniste", tient-il à préciser : "Je sais ce qu'est sa conception de la politique, ce qui m'a différencié d'elle et ce qui continue de faire que je ne regrette pas de ne pas l'avoir soutenue pendant la campagne présidentielle".

Autant dire que face à ce climat, l'ambiance pour le congrès du Parti socialiste en novembre prochain risque d'être à couteaux tirés. La succession de François Hollande à la tête du Parti est en effet ouverte : en remportant le poste de Premier secrétaire, le ou la responsable vainqueur s'ouvrira une première voie pour la candidature à la présidentielle dans quatre ans.

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